Spécial Bien Manger

Dossier par Cécile BG


Et si on mangeait local ?

Bien manger… Tout un programme avec une alimentation variée et équilibrée au menu. 

« Pour votre santé, mangez au moins cinq fruits et légumes par jour », « évitez de manger trop gras, trop sucré, trop salé »… Tout le monde a vu ou entendu ces messages (un brin culpabilisant) depuis leur apparition en 2004. Toutefois, le constat est là : aujourd’hui les consommateurs ont de plus en plus de notions de diététique et une meilleure connaissance des aliments, ce qui les poussent à être de plus en plus attentifs à ce qu’ils mangent. Ainsi, c’est dans cette optique que s’inscrit l’émergence d’une nouvelle tendance à consommer local. 

Consommer local


Des initiatives visant à rapprocher les consommateurs et les producteurs ont vu le jour partout en France avec des nouveaux modes de commercialisation en circuits courts. Pour information, un circuit court correspond soit à de la vente directe soit à de la vente indirecte mais avec un seul intermédiaire. 

Bien entendu, les circuits courts existent depuis longtemps. Mon arrière grand-mère allait chercher les œufs et le lait à la ferme du coin et je peux vous dire que ses gâteaux étaient toujours meilleurs que les nôtres bien qu’elle nous ait transmis ses recettes. Grâce aux marchés et aux ventes à la ferme, nous pouvions déjà consommer bon et local. Mais ces derniers temps, le développement des circuits courts est reellement en plein essor, que ce soit à l’initiative des producteurs ou des consommateurs, et l’on voit apparaître de nouvelles alternatives.

Les AMAP

Ces associations pour le maintien de l’agriculture paysanne, créées en 2001, proposent un panier – la plupart du temps hebdomadaire – aux consommateurs prêts à adhérer à leur démarche. Le but premier est de vendre tout ce qui est produit, ce qui permet ainsi de diminuer le prix des denrées et de valoriser les producteurs. C’est un système équitable qui permet aux producteurs d’avoir un revenu décent et aux consommateurs de bénéficier de produits de qualité à un prix abordable. On en trouve actuellement 14 dans l’Hérault.

Les paniers

De nombreux acteurs locaux proposent des paniers garnis. On observe des changements d’une association à l’autre, avec le choix ou non des produits, avec un engagement à l’année ou une totale liberté dans les commandes, une livraison dans des points d’accueil ou un retrait directement à la ferme, mais ces initiatives ont toutes le même but : favoriser les circuits courts et rapprocher au maximum producteurs et consommateurs.

Les jardins partagés

Ce sont des jardins gérés en commun. Ils ont pour vocation de répondre directement aux besoins des personnes qui s’en occupent. Produire ensemble dans des valeurs de convivialité et de partage donne de plus une saveur et une valeur toutes particulières aux produits.

La ville de Montpellier organise des activités « main verte » avec notamment des ateliers de jardinage biologique. Une belle initiative pour se former avant de se lancer. Sur le site de la ville, vous trouverez le programme et toutes les adresses des jardins partagés de la région. 

Les cueillettes à la ferme

On est là pour vous enseigner comment faire, pour vous prêter les outils et il n’y a plus qu’à récolter ce dont vous avez besoin. Une solution libre service qui permet d’allier une sortie en famille au grand air et des économies jusqu’à 30% par rapport aux prix pratiqués en grande surface.

Dans le coin, vous pouvez par exemple aller au Domaine de Caillan à Bessan, qui vous donne un libre accès au champs pour récolter vos fruits et vos légumes de mai à octobre ou aux Vergers de Saint Jean, à Saint Jean de Védas pour cueillir vos fruits dans les vergers de mai à décembre. 

La supérette et le supermarché

On n’a pas dit, une supérette et un supermarché mais LA supérette et LE supermarché. En effet, dans la région, vous pouvez aussi choisir de vous rendre à Locavorium à Saint Jean de Védas, premier magasin du genre qui ne vend que des produits 100% locaux. Une jolie initiative qui marie origine locale, qualité et circuit solidaire. Vous avez également la possibilité de faire vos emplettes à Place du Marché au Crès, dont l’enseigne publicitaire est explicite : « consommons local ». Un supermarché, pas comme les autres, qui propose des paniers classiques – bio ou vegan – chaque semaine et dans lequel les producteurs viennent même certains jours à la rencontre des consommateurs.

Les traiteurs

Certaines personnes engagées n’hésitent pas proposer des services innovants et proposent des livraisons gourmandes. C’est par exemple le cas du traiteur O’C Bon qui vous propose chaque semaine des menus réalisés avec des produits locaux. Repas complet, petits déjeuners, collation fruitées, il y en a  pour toutes les envies et pour tous les budgets.

Les sites internet & les drive fermiers

À l’heure de la révolution numérique, on a bien entendu vu fleurir l’apparition de nombreux sites sur la toile proposant des produits locaux. Vous avez la possibilité de vérifier si ces structures sont agréées « groupement collectif circuit court » par la région Languedoc-Roussillon. Et avec l’apparition des drives fermiers et leurs multiples dépôts  dans toute la région, vous n’aurez que l’embarras du choix et de la facilité. Terroir-direct.com, qui propose 80% de produits locaux, a par exemple des points de retraits de Sète à Nîmes, de Saint Martin de Londres à la Grande Motte. Plus d’excuse, la campagne vient à vous.

Pourquoi manger local ?


Pour soutenir l’économie locale

Grâce aux circuits courts, les producteurs locaux peuvent mieux vivre de leur travail en se dégageant un revenu plus décent. Ils ne sont pas soumis aux demandes fluctuantes et standardisées de la grande distribution, ce qui leur permet de pouvoir vendre toute leur récolte plus facilement. Ainsi,  cette démarche peut être perçue comme un véritable acte citoyen.

Pour son portefeuille

En effet, même si le système permet aux producteurs de se dégager une marge plus grande, le consommateur n’est pas en reste. Le prix est bien plus juste pour lui aussi car il n’est pas soumis aux multiples intermédiaires présents dans le système traditionnel.

Ainsi, ces nouveaux modes de commercialisation permettent de démocratiser l’accès à une meilleure alimentation, elle devient désormais accessible à tous.

Pour la dimension humaine

Grâce au contact direct, le rapport entre consommateurs et producteurs est totalement réinventé. Les échanges sont facilités, ce qui permet de créer une véritable relation  de confiance. Les producteurs sont la plupart du temps disponibles pour répondre aux questions des clients et contents de pouvoir partager leur activité. Adhérer à cette démarche, c’est une manière de respecter leur travail.

Pour l’enjeu environnemental

En premier lien, on pense bien entendu au transport. En réduisant les distances, on diminue immanquablement le nombre de litres de gazole nécessaires pour parvenir jusqu’à nos assiettes.

Les fruits et légumes voyageurs profitent peut être bien de leur tour du monde mais à chaque escale le bilan carbone s’alourdit lourdement et le réchauffement climatique n’étant pas une fiction futuriste, nous sommes forcés d’en tenir compte.

Nous savons que dans la production de masse, la course au rendement nécessite l’utilisation d’engrais et de pesticides. Choisir cette nouvelle forme de consommation c’est donc aussi encourager des cultures plus vertueuses et protéger nos ressources naturelles et nos écosystèmes.

Enfin, c’est également moins d’emballage, ce qui nous permet de nous approcher un peu plus du « zéro déchet ».

Pour la qualité des produits

On retiendra en premier lieu la fraicheur des produits. La salade ramassée le matin même sera bien entendu plus fraîche qu’après un long périple en palette. La tomate cueillie par le producteur voisin ne souffrira pas d’un long séjour en chambre froide.

En consommant des produits de saison et locaux, on bénéficie de bien meilleures qualités nutritionnelles car ils sont cueillis à maturité et nécessitent forcément moins de conservateurs.

On redécouvre le vrai goût des aliments grâce aux saveurs de région et de saison.

Pour encourager une autre logique de production

On permet aux producteurs de ne pas se limiter à quelques variétés au rendement plus important. On s’oppose à l’uniformisation de la production en encourageant la diversité.

Parce que c’est un vrai choix

On a de plus en plus envie de se réapproprier notre alimentation et de réagir face à la banalisation des produits industriels.

Cela me fait d’ailleurs penser à l’émission Rendez-vous en terre inconnue avec Kev Adams chez les Suri où une jeune femme lui demande s’il prépare ses repas. Quand il lui répond par la négative, elle lui répond, surprise : « Comment sais-tu qu’on n’y met pas de poison ? ». Une remarque pertinente à méditer…

Et les cantines…


Bien manger à la maison est une chose, mais nos enfants, en pleine croissance, prennent pour la plupart cinq repas par semaine à la cantine. Alors qu’en est-il ? 

Là aussi de véritables changements sont observés. Sur le site du département, on peut même lire que « manger des légumes et des fruits frais de saison, cultivés dans l’Hérault est une préoccupation majeure du département ». Des démarches en ce sens ont été mises en place dans les unités de production culinaire qui distribuent les repas de deux tiers des collèges du département. Par conséquent, « tout au long de l’année les équipes de cuisine s’emploient à travailler à partir des produits, locaux, de saison, de qualité. » On a également pris conscience de l’importance de la découverte de nouvelles saveurs  et des actions d’éducation au goût sont également réalisées dans les établissements scolaires pour sensibiliser les enfants.

Les restaurants scolaires qui ne dépendent pas de ces unités de production ont quant à elles, depuis 2014, la possibilité de s’approvisionner en produits locaux grâce au dispositif Agrilocal34. Il s’agit d’une plateforme de mise en relation entre fournisseurs locaux et acheteurs publics ou privés ayant une mission de restauration. Les hôpitaux, maisons de retraites et autres structures  peuvent aussi bénéficier de ce système.

Pour finir…


On se rend bien compte que manger local n’est pas un simple effet de mode. L’amélioration de la qualité du contenu de nos assiettes est devenue essentielle pour la majorité d’entre nous et on observe des réels changements dans la façon de consommer. 

Les conseils diététiques nous enjoignent à manger sain, on redonne place aux papillotes, salades et cuissons vapeur… Et c’est donc tout logiquement, qu’en plus d’être en quête de produits aux valeurs nutritionnelles intéressantes, on recherche le goût.

Manger local permet de manger, bon, sain, à un prix intéressant pour le consommateur comme pour le producteur et aussi d’agir pour protéger l’environnement.

C’est un nouvel état d’esprit, un choix de consommer autrement et vraisemblablement l’amorce d’une transformation profonde car même les grands groupes deviennent obligés de proposer des offres en ce sens pour répondre à cette demande croissante.

Alors pourquoi pas vous ? Pourquoi pas nous ?

Et si nous faisions une place à table pour accueillir la qualité héraultaise, afin que ce moment convivial et de partage soit encore meilleur…

Pour plus d’informations :

http://www.reseau-amap.org/amap-34.htm

http://www.montpellier.fr/1794-montpellier-main-verte-.htm

http://www.manger-local.fr/

http://www.terroir-direct.com/

http://www.herault-enfants.fr/le-college/

https://www.agrilocal34.fr/

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