Santé : la microkiné, qu’est-ce que c’est ?


Créée il y a 30 ans par deux Français, Daniel Grosjean et Patrice Benini tous deux kinésithérapeutes et ostéopathes, la microkinésithérapie est une technique de soin manuelle. Encore méconnue du grand public, elle mérite une attention toute particulière car elle aide le corps à évacuer tous les traumatismes présents ou passés. 

Rencontre avec Céline Gautier, qui vient de fonder le premier centre de microkinésithérapie du sud de la France, à Mauguio.


Qu’est ce que la microkinésithérapie ?

— C’est une thérapie manuelle douce qui consiste à rechercher dans l’organisme les traces d’agressions que le corps n’a pas su évacuer.

 

Quelles sont ces agressions ?

— Elles peuvent être physiques (chocs traumatiques), environnementales ( toxiques, métaux lourds, médicaments) ou émotionnelles (conflits, peurs, décès).

Face à ces agressions et lorsque tout va bien, l’organisme se répare naturellement. En cas de fracture, les os se ressoudent, face aux virus l’organisme crée une immunité et suite aux chocs émotionnels on oublie et on passe à autre chose.

Cependant, une agression trop forte va laisser une trace dans les tissus que l’on nomme « une cicatrice pathogène ». Une agression  modérée peut aussi laisser une cicatrice qui va affaiblir l’organisme si elle survient au moment où nous gérons autre chose (le cas par exemple, si nous attrapons un virus alors que nous subissons un fort stress).

Lorsque plusieurs cicatrices sont ancrées, l’organisme ne va plus pouvoir faire face et les symptômes ou maladies vont apparaître.

Comment faites-vous alors ?

— En tant que thérapeutes, nous allons rechercher ce que l’organisme a gardé en mémoire. Cela s’effectue grâce à une palpation fine des tissus.

Nous nous basons sur des cartographies qui nous permettent de relier les cicatrices à leur étiologie c’est à dire à leur origine. Les cartographies nous permettent de reconnaître si cela touche du tissu nerveux, muqueux ou musculaire. Puis, nous stimulons l’organisme face à cette étiologie.

Comment cela se passe-t-il alors ?

— Nous utilisons une technique de stimulation qui va permettre à l’organisme de reconnaître l’erreur qu’il a créé. Cela peut s’apparenter à l’acupuncture sans aiguille. Cette stimulation va être efficace si le lien précis entre la cicatrice et son étiologie est fait.

Comment ressentez vous ces cicatrices ?

Les tissus altérés sont en restriction, c’est à dire qu’ils n’ont plus de micromobilité.

Lorsque l’organisme est stimulé, la sensation de restriction va lâcher et la vitalité du tissu va réapparaître. L’organisme crée alors son mécanisme naturel d’auto-réparation.

Existe-t-il des effets secondaires ?

— Non, mais bien souvent, une fatigue peut se faire sentir après la séance. C’est tout à fait normal puisqu’il s’agit de relancer le travail  l’organisme. Cette fatigue est variable : elle peut être très intense lorsque l’organisme a décidé de lancer toutes les corrections ou bien plus modérée si le travail se fait sur plusieurs semaines. Nous avons pu mesurer des corrections allant jusqu’à trois semaines après la séance.

Comment avez-vous abouti à toutes ces cartes ?

— Il a fallu de nombreuses années de recherches. Patrice Benini et Daniel Grosjean, se sont servi du toucher qu’ils avaient acquis ainsi que des données d’embryologie pour créer au fur et à mesure des cartographies. Ils ont ensuite fait de nombreuses évaluations dans les hôpitaux. Aujourd’hui, nous avons des évaluations dans des revues internationales indexées.

Nous espérons dans les années à venir travailler en collaboration avec le CHU de Montpellier pour lancer d’autres études cliniques.

Motifs de consultation

Troubles scolaires

Stérilité

Douleurs articulaires, tendineuses

Angoisses, anxiété, migraines,

Problèmes digestifs

Cervicalgie, lombalgie, sciatique

Coliques du nourrisson, régurgitation

Troubles du sommeil, de la concentration


La microkiné est-elle pratiquée uniquement en France ?

— Non pas du tout ! Elle est enseignée partout dans le monde. Le Brésil, où elle est apparue il y a 10 ans, regroupe aujourd’hui 4 fois plus de microkinés qu’en France !

Comment l’expliquez-vous ?

— C’est uniquement dû à leur communication très pointue ! (rires). Les deux fondateurs français voulaient avant tout une reconnaissance de leurs pairs. Ils ont donc passé énormément de temps sur les évaluations.

Pouvez-vous remonter loin dans les blocages ?

— Oui ! Ces données palpatoires nous ont permis de dater ces lésions. Nous ne pouvons pas expliquer ce phénomène mais nous avons constaté que cela est reproductible et juste.  Reproductible car les étudiants que l’on forme sont rapidement capables de dater les cicatrices pathogènes. Et juste car nos patients nous confirment que nous sommes dans le vrai !

Comment pouvez-vous dater les événements traumatiques ?

— Lors de la stimulation du tissu en restriction, nous comptons le nombre de secondes dont le corps a besoin pour « lâcher » et relancer son rythme vital. Le nombre de secondes correspond aux nombres d’années qui se sont écoulées depuis que le choc s’est produit.

Quels sont les bienfaits ?

— La datation n’apporte aucun bienfait ! Le psychologique n’est pas nécessaire, c’est la raison pour laquelle, nous obtenons de très bons résultats chez les bébés et les enfants. La relance de ces mécanismes naturels d’auto-réparation apporte des résultats stupéfiants même sur des pathologies anciennes.

Déroulement d’une séance

Le patient reste habillé afin d’éviter que notre palpation soit « parasitée » par des informations inutiles (pilosité, température de la peau etc.).

Il faut compter entre 30 et 45 mn de consultation.

Prix moyen : entre 50 € et 80 €

Prise en charge par certaines mutuelles dans le cadre des forfaits thérapies manuelles ou médecines douces.

Qui sont vos patients ?

— Les personnes souffrant de douleurs aiguës ( tendinite, lumbago, coliques …), chroniques ( migraines, fibromyalgie, acidités gastriques…), d’intolérances alimentaires…

Le stress, les troubles du sommeil, la stérilité, les troubles d’apprentissage chez l’enfant sont également des motifs de consultation fréquents.

Sur un même symptôme, nous nous limitons à trois séances maximum espacées d’environ un mois.

Les microkinésithérapeutes signent une charte dans laquelle ils s’engagent à reconnaître leurs limites thérapeutiques.

Pour être microkinésithérapeute, il faut avant tout être un professionnel de santé, c’est à dire un médecin ou un kinésithérapeute.

Qu’en est-il des intolérances alimentaires ?

— Les personnes ayant des intolérances alimentaires voient souvent leur gêne s’aggraver au fil des années. C’est normal puisque l’organisme a analysé l’aliment comme étant une agression. Chaque fois qu’il va être en contact avec cette agression, il va réagir plus rapidement et avec plus d’intensité. Une fois que l’organisme a fait l’erreur sur un aliment, il risque de programmer l’erreur sur d’autres aliments. Et ainsi de suite…

La microkiné est efficace dans bien des cas. Il suffit de retrouver l’origine du trouble pour que le corps « oublie » que l’aliment est agresseur. J’ai soigné plusieurs personnes pour des intolérances dont une dame qui ne mangeait plus de crustacés, ni de gluten et faisait des œdèmes de Quincke aux sulfites. C’est aujourd’hui terminé ! Nous sommes nous même surpris par les résultats. Il reste à conforter ces observations cliniques par des évaluations scientifiques.

Êtes-vous confrontée à des réfractaires ?

— Oui bien sûr ! Cela me déstabilisait beaucoup au début de ma carrière mais aujourd’hui plus du tout ! Certains patients arrivent en me disant qu’ils n’y croit pas et que ça risque de ne pas fonctionner sur eux. Je leur explique au terme de mon bilan comment leur corps a abouti au symptôme pour lequel ils viennent me consulter et leur décris d’autres fragilités que j’ai pu relever. En général, leur regard change en fin de séance et ils sont très intrigués. Ce qui a fait notre renommée c’est avant tout le bouche-à-oreille et les résultats obtenus.

Je suis également des sportifs de haut niveau. Nous avons trouvé des solutions à des problèmes récurrents tels que des blessures à répétition, des tendinites, des douleurs anciennes et dans ce milieu aussi ce qui prime avant tout c’est le résultat !


La formation de microkinésithérapeute

Formation de deux ans sous forme de séminaires les week-end, les stagiaires sont médecins ou kinésithérapeutes.

Cours pratiques et théoriques toutes les 5 semaines environ.

Mise en situation pratique en fin de 1e et 2e année avec des patients qui viennent de l’extérieur et qui n’ont jamais été soignés en microkinésithérapie.

Les enseignants, eux, sont validés par le centre de formation à la microkinésithérapie, le CFM qui délivre le diplôme.

C’est une technique qui n’est pas figée mais en perpétuelle évolution. Une équipe de recherche travaille à la façon de répondre à de nouvelles étiologies. Aujourd’hui par exemple, des recherches sont axées sur la maladie de Lyme (maladie infectieuse dûe à une bactérie et transmise par l’intermédiaire d’une piqûre de tique).


Qui est Céline Gautier ?

Céline Gautier est kinésithérapeute depuis 2004. En 2010, elle est diplomée en microkinésithérapie, puis elle devient formatrice au sein du CFM.

En 2014, elle ouvre son cabinet de microkinésithérapie et un an plus tard, l’équipe s’agrandit.

En juillet 2017, elle inaugure le Pôle de Médecines Douces à Mauguio qui intègre le premier centre régional de microkinésithérapie ainsi qu’une sophrologue, une hypnothérapeute, une micronutritioniste et une ostéopathe.

« J’ai voulu regrouper en un même lieu plusieurs techniques de médecines douces car la microkinésithérapie intervient ponctuellement, lorsque l’on a relancé les capacités de l’organisme nous n’avons plus à intervenir pendant plusieurs mois. Elle peut suffire pour certains patients, d’autres auront besoin d’outils complémentaires. Les praticiens qui m’entourent offrent des soins qui participent à l’amélioration de la qualité de vie. » nous précise t-elle.

Pour en savoir plus : www.microkinesitherapie.fr

 

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