Promenons-nous dans les bois …

En ce début d’année, chacun d’entre nous a bien sur, fait ses propres bonnes résolutions… Riam Belli, notre collaboratrice, a spécialement imaginé pour nous sa nouvelle histoire coquine … Histoire que cela nous trotte un peu lorsque nous serons en plein running …

Je garde le rythme, 1…2…pff…pff…1…2…pff…pff… tout en cadence et en volonté, je cours.

Les yeux fixés sur les bouts roses de mes baskets flambant-neufs, je trotte au milieu des arbres sous un grand soleil d’hiver… C’est une magnifique journée pour commencer ma nouvelle vie de sportive acharnée.

Dès ce soir je pourrai fièrement affronter les regards moqueurs de ces traîtres qui se prétendaient mes amis, ceux qui ont ri à notre soirée de réveillon lorsque j’ai annoncé ma résolution pour cette nouvelle année : « Je me mets à la course, footing, jogging, running, cette année je cours! « …

Oui devant mon assurance, ils ont ri. Même Sébastien, mon mari, qui m’entend pourtant pester contre les délires flagrants de la balance dans la salle de bain tous les matins.

Je dois reconnaitre que les années précédentes j’ai peut-être manqué de persévérance, mais cette fois ce sera différent. Après avoir étudié toutes les méthodes d’entraînement, j’ai acheté la panoplie complète « je cours et je veux qu’on me voit ». J’ai ajouté à mon poignet l’incontournable montre qui mesure ma vitesse, la distance parcourue et mon rythme cardiaque… au cas où mes ex-amis voudraient des preuves de mes futures performances.

Une véritable professionnelle, en apparence en tout cas… parce que mon statut de débutante s’est vite mis à clignoter sur mon front dès que j’ai démarré tout à l’heure.

J’ai le bon rythme, 1…2…pff…pff…1…2…pff…pff… tout en cadence et en concentration, je cours.

Comme chaque pas est agréable, comme l’air glacé sur mon visage est vivifiant… les gens que je croise me sourient, me saluent. J’ai l’impression d’être au bon endroit, comme une évidence. Je suis bien.

Le parc est immense, les allées de terre-battue se succèdent à travers les arbres centenaires. Difficile de rester concentrée sur mes pieds dans ce splendide décor. Des gens courent tout autour de moi, hommes et femmes de tous âges, nous traversons des prairies, des forêts… Je garde un œil sur mon chrono et un œil sur les jolis fessiers des coureurs qui me dépassent … Je suis gâtée car ils sont nombreux les hommes musclés et élancés dans ce parc, leurs jambes galbées dans des pantalons moulant plus que le nécessaire… Visiblement la course sculpte et affine, j’ai fait le bon choix!

Foulées après foulées, je maintiens mon rythme de croisière… 1…2…pff…pff… tout en cadence et en effort, je tiendrai .

Un bras me frôle, c’est un coureur bleu et noir qui me dépasse, son blouson se soulève à chacun de ses pas et ses fesses parfaites semblent me narguer tout en s’éloignant . Je sais qu’un jour viendra où moi aussi j’aurai un corps incroyablement athlétique et où aucunes jolies fesses ne pourront plus me semer ainsi…

J’y crois, je garde le rythme… 1…2…pff…pff… tout en souffrance et en obstination, j’essaye de tenir.

Déjà 18 minutes de passées, mon programme touche à sa fin pour aujourd’hui …

J’écoute mon cœur battre trop fort dans ma poitrine, j’ai l’impression de manquer d’air, j’imagine mon visage écarlate de tant d’ efforts, la panoplie complète de la vraie sportive… Je suis vraiment fière de moi ! J’ai envie de prolonger un peu ce moment, de profiter encore de ce lieu magique, alors je fais quelques pas au milieu des arbres, le temps de reprendre mon souffle .

L’endroit est si apaisant et la ville semble si loin à l’abri de cette forêt . Je me croirais presque seule au monde… Promenons-nous dans les bois, pendant que le loup n’y est pas… la comptine de mon enfance tourne en boucle dans ma tête, étrange effet d’un surcroit d’endorphines… Je devine le ciel à travers les arbres… Mais ces instants de calme s’arrêtent soudain quand j’aperçois le coureur bleu et noir arriver face à moi. Son visage caché sous la capuche de son blouson, il ralentit sa course puis s’arrête contre un arbre, à seulement 3 pas de moi..Semblant ne pas me voir il commence alors des exercices d’étirements . Les 2 mains posées sur le tronc face à lui, il tire ses jambes vers l’arrière, l’une après l’autre, cambrant longuement ses reins …Je reconnais ses fesses, ses cuisses parfaites… Ses muscles se gonflent et se dégonflent au gré des mouvements de ce corps d’homme qui s’affaire toujours sans me regarder… Je profite de mon étrange invisibilité pour observer la largeur de ses épaules, ses abdos merveilleusement dessinés sous son tee-shirt trop court, son blouson qui remonte dévoilant la moitié de son dos…

Je ne fais pas un geste, je reste là, voyeuse involontaire et fascinée à la fois… Promenons nous dans les bois, pendant que le loup n’y est pas … c’est peut-être ce qu’il se disait, lui aussi, en arrêtant ici sa course. Peut-être se croyait-il vraiment seul, sans le moindre loup ou panoplie fluo à l’horizon… Pendant que j’essaye d’échapper à la culpabilité qui m’envahit, le petit chaperon bleu et noir, toujours masqué sous sa capuche, continue de cambrer impudiquement ses fesses, d’étirer ses cuisses, s’allonge face à terre pour faire quelques pompes… Je sens ma langue glisser avec gourmandise sur mes lèvres… Il s’installe à nouveau face à l’ arbre et commence des petits sauts sur place. Son bassin se raidit, ses fesses se contractent plus encore…

J’ai chaud, des picotements courent sur ma peau, ma respiration devient plus rapide, d’étranges vagues s’animent dans mon ventre… Je me sens tomber dans quelque chose de moelleux et tiède à la fois… je crois que j’ai faim, une odeur de galette et de pot de beurre emplit l’espace… il sautille, indifférent, inconscient du danger… Promenons-nous dans les bois…

Seulement 3 pas à faire et je pourrai me rassasier… Alors soudain je me plaque contre son dos, tout mon corps se colle à ses muscles si appétissants. Mes mains se posent sur ses épaules, glissent le long de ses bras. Ses fesses délicieusement dures s’écrasent contre mon ventre. Il ne bouge plus, silencieux face à l’arbre où il s’appuyait. Il sait qu’il est trop tard pour partir, il sait que le loup est rentré…

Je sens la fièvre m’envahir, à mon tour d’être impudique. Je me frotte contre lui, mes mains passent sous son blouson, remontent sur sa poitrine . Sa peau est chaude et douce, j’entends son souffle s’accélérer. Je griffe ses muscles, j’ai de plus en plus faim. Mon corps s’emballe contre lui, j’ondule, je brûle…

J’ai besoin de mordre, mes dents se referment sur son dos. Il se cambre encore, s’écrase plus fort contre mon ventre, pour onduler avec moi à présent. Je tâte le galbe de ses cuisses, si fermes, si conciliantes. Puis je remonte vers son ventre, jusqu’à l’entrejambe, pour poser ma main sur son sexe. J’en suis les contours à travers le tissu, je goûte avec délice la fermeté de son désir. Je veux tout connaitre de ce corps docile… Alors mes doigts forcent la ceinture élastique de son pantalon, je glisse sur des poils humides pour aller vers ma proie, ma galette, ma gourmandise…

Je l’entends soupirer, victime résignée, toujours dissimulé sous sa capuche. Je le prends tout entier dans ma main, je le palpe, le soupèse en grognant de plaisir… Puis je l’amène jusqu’à mes lèvres humides d’envie.

« Regarde comme j’ai une grande bouche petit chaperon…. »

Son ventre tremble contre mon visage …

Loup y es-tu?

Riam Belli

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