Pierre Raymond


Directeur d’exploitation des Polygone de Montpellier, Béziers et Cagnes sur mer,

Pierre Raymond est également passionné de sport et père attentionné avec ses deux enfants.

Ce quadra nous parle de son parcours professionnel et personnel.

Pouvez-vous nous expliquer votre parcours ?

J’ai fait mes études à Lille où j’ai suivi une formation d’ingénieur. Diplôme en poche, j’ai voulu être sur le terrain dans une démarche qui me semblait être la plus entrepreneuriale qui soit à savoir le chantier. C’était pour moi une belle traduction d’une aventure humaine et collective avec un projet à construire, un client à gérer, des fournisseurs à manager, des collaborateurs à encadrer et un résultat à sortir. Tous ces domaines variés m’intéressaient beaucoup : la rencontre de la technique avec l’humain.

J’ai commencé à travailler à Paris chez Bouygues pendant 4 ans. En 1998, mon ex-femme a eu l’opportunité d’un poste à Montpellier et j’ai été muté toujours chez  Bouygues.

Quel est votre souvenir le plus marquant au sein de Bouygues ?

Sans hésitation, la rénovation du Musée Fabre. J’ai vécu une expérience humaine et technique formidable qui m’a vraiment marqué.

Qu’est qui vous a marqué dans cette expérience ?

Une histoire d’échanges. J’ai en mémoire un moment très particulier avec le conservateur du musée Fabre, Michel Hilaire. Une expo temporaire d’un peintre chinois avait lieu lors de la rénovation. Michel Hilaire a proposé que l’on échange nos deux mondes. Il fait une visite commentée de cette expo à l’ensemble des ouvriers du chantier. Il leur a apporté une sensibilité vraiment particulière et ils ont accroché ! En échange, les chefs de chantier et les ouvriers ont emmené tout le personnel du Musée Fabre pour leur expliquer leur travail.

Nous avons vécu une véritable synergie.

Comment avez-vous évolué ensuite ?

Peu de temps après, le promoteur immobilier Pragma recherchait un Directeur technique et j’ai saisi cette opportunité. L’aventure chez Pragma a duré 8 ans au cours de laquelle j’ai participé à la réalisation de nombreux projets dont deux qui sont emblématiques et marquants : l’hôtel Crowne Plaza et le bâtiment Ozone.

Pour l’hôtel Crowne Plaza, la difficulté était de construire un hôtel 4 étoiles en plein centre de Montpellier. Le projet Ozone était intéréssant du point de vue architectural et pour la complexité de montage.

Comment êtes-vous passé de conducteur de travaux à la Direction du Polygone ?

Socri et Pragma avait un projet commun (le Polygone St Roch). J’ai été amené à cotoyer  Nicolas Chambon et il m’a proposé ce poste.

Mais ce n’était pas du tout votre métier ?

Non pas du tout mais le challenge m’a plu et l’opportunité de changer de métier m’a boosté.

DSC_5466Du coup, vous avez du apprendre un tas de choses, non ? Ça a été compliqué ?

Non ! (rires)

Alors que faites-vous ? Quel est le rôle d’un dirigeant de centre commercial ?

Cela ressemble à être maire d’une petite ville. D’un coté les administrés qui sont les commerçants, les touristes peuvent être assimilés aux visiteurs, il y a l’équipe technique et communication qui doivent gérer le moteur du centre. Mon rôle est un peu comme d’être le maire de tout ça : la représentation des commerçants, la gestion d’un plan d’investissement et des charges, la coordination et l’arbitrage de la politique marketing, faire du relationnel, mettre en avant le centre. Avoir du bon sens !

Le vecteur commun dans ces expériences est le contact humain.

Pouvez-vous allier votre vie professionnelle et votre vie personnelle ?

Je suis un père à mi-temps car mes deux enfants de 13 et 16 ans sont en garde alternée avec leur mère. Je me suis remarié avec une femme qui, elle aussi, a ses enfants en garde alternée et qui habite en Avignon. Elle a un cabinet de Commissaire au compte. Nos plannings sont donc un peu compliqués. Parfois nous sommes 6, parfois nous sommes 2 !

skiteamDe plus, ma grande passion est le sport et j’ai crée à Montpellier un club de ski : Skiteam Montpellier.

Nous emmenons les enfants tous les week-ends faire des courses en montagne. Nous transmettons notre amour de la montagne et du ski à une cinquantaine de membres.

Les courses commencent à partir de 7 ou 8 ans, nous partons le vendredi soir pour être sur place le samedi matin. Le samedi après-midi est consacré aux devoirs et nous repartons le dimanche après-midi après avoir fait une nouvelle course le dimanche matin.

Les courses commencent à partir de 7 ou 8 ans, nous partons le vendredi soir pour être sur place le samedi matin. Le samedi après-midi est consacré aux devoirs et nous repartons le dimanche après-midi après avoir fait une nouvelle course le dimanche matin.

Vous emmenez vos enfants ?

Oui, ils partagent la passion du sport avec moi.

Chaque année, je me réserve également deux ou trois semaines avec eux pour partir en voyage. Nous sommes partis au Canada en camping-car dans les Rocheuses, en Thailande faire un périple, nous avons fait un safari en Tanzanie et cet été, nous partons au Costa Rica. Nous privilégions des pays où nous pouvons profiter des grands espaces.

Ce sont trois semaines de vrais bols d’air et de vrais moments partagés.

Pourquoi faites-vous ça ?

Parce que les meilleurs souvenirs que j’ai de mon enfance ne sont pas liés aux jouets que j’ai pu avoir mais aux voyages que nous avons faits avec mes parents (Islande, Norvège). Finalement, c’est ce qui reste.

Qu’est ce qu’on vous souhaite ?

D’être autant épanoui professionnellement qu’avec mes enfants. Pour un homme, le choix de la garde alternée n’est pas le choix le plus facile. À l’époque de mon divorce, il y a 10 ans, j’étais très pris par mon travail et peu présent pour mes enfants. J’ai du m’adapter pour être disponible pour eux alors qu’ils étaient encore très petits (moins de 10 ans).

Cela a-t-il été difficile de vous dégager du temps ? De concilier votre carrière et père à mi-temps ? C’est compliqué à gérer ?

Oui mais j’ai constaté que souvent nous sommes très brillants lorsque nous avons de grosses contraintes.

Pourquoi ?

Lorsque nous avons des contraintes, nous grandissons ! C’est vrai dans le domaine du sport mais aussi dans le cadre de la famille, de la vie professionnelle. Pour rebondir sur ce que vous disiez, le fait d’avoir mes enfants une semaine sur deux pouvait être contraignant mais finalement cela ne m’a pas empêché de grandir à la fois professionnellement et vis à vis d’eux.

Avez-vous découvert un côté papa de vous que vous ne connaissiez pas  avant votre séparation ?

Oui ! Je me rends compte que j’aurai pu passer à côté de certaines choses.

 

 

Lesquelles ?

Être à leurs côtés lorsqu’ils ont des difficultés : gérer lorsqu’ils sont malades, rentrer quand il le faut … cela éveille à d’autres choses. J’aurai éprouvé beaucoup de regrets si j’étais passé à côté même si parfois ce n’est pas facile au quotidien.

Si j’étais resté dans le schéma dans lequel j’étais, je n’aurai pas vu tout ça. Cela permet de relativiser pas mal de choses. À l’époque, je ne savais pas dans quoi je m’aventurais mais je sentais que si je ne le faisais pas, quelque chose aurait manqué à mon épanouissement.

Vous êtes un peu papa poule ?

Non, juste papa ! J’essaie de leur inculquer l’ordre des priorités. Je pense qu’il est important vis à vis de nos enfants d’être exemplaires et de leur montrer vers quoi ils doivent tendre.

Ce n’est pas facile d’être exemplaire, non ?

Oui c’est difficile. En tout cas, essayer de leur inculquer la façon dont ils doivent grandir : en respectant les autres, les adultes, en ayant des convictions etc.

C’est ce que je cherche à faire avec eux !

 

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