Ce n’est pas le moment ! par Cecyloo

 

Ce n’est pas le moment !

 

—Maman ! Maman ! Tu m’emmènes chez Jesse ?
— Ma puce, peux-tu passer au pressing ? Je n’ai plus de chemise…
— Aie ! Aie ! Aie ! Oui j’adore ma vie de Maman… Mais il y a des instants comme celui-là, où trop c’est trop !
— Nathan, n’oublie pas ton bonnet et ton écharpe, il fait un froid de canard dehors…

Pourquoi un froid de canard d’ailleurs ? Peut être parce que les chasseurs doivent rester immobiles dans le froid en attendant leurs proies ? Peu importe ! Ce n’est vraiment pas le moment de laisser mon esprit dériver… Il est déjà 8 h 10 et je dois vite déposer mes deux lascars si je veux être à l’heure, à la grande réunion de ce matin avec le boss !

— Julia, tu n’as même pas débarrassé ton petit déjeuner !
— C’est bon, Mman, t’es relou !

Je ne sais pas depuis quand ma fille s’est mise à me répondre sur ce ton… Ce dont je suis sûre, c’est que ce matin, malgré tous mes grands principes d’éducation, je vais encore une fois devoir laisser filer… Pas possible de me laisser entraîner dans un débat sans fin sur mon incompréhension de la vie d’ado…

— Allez vite ! Vite ! Tout le monde dans la voiture !

Vite, vite, toujours vite… J’ai vraiment l’impression que la majorité de mes échanges avec mes enfants se limitent à ce mot… Vite, vite, toujours vite… C’est frustrant mais pourtant encore aujourd’hui le rythme de la journée est donné dès le matin…

Premier arrêt éclair chez Jesse, la meilleure amie de ma fille, où soit dit en passant, elles sont sensées réviser en ce premier jour des vacances scolaires. Pourtant, je sais très bien qu’elles vont passer la journée à parler des garçons et surtout de Mathieu… Premier amoureux sérieux de ma fille, qui à mon avis est plus obsédé par son apparence et ses foutus matchs de foot que par ma fille… Mais bon, ainsi va la vie…

— Bonne journée ma chérie… Je passe te récupérer vers 17 h 30 en quittant le boulot.
— Allez Mman, viens plutôt vers 18 h…

Le créneau de 17 h à 18 h est sacré pour ma fille… Épisode de téléréalité en direct oblige…. Encore une source de conflits entre nous, un programme qui s’apparente selon moi à une vaste mascarade, où les candidats sont plus navrants les uns que les autres… J’espère surtout que ma fille ne va pas s’identifier à ces trublions vraisemblablement bourrés d’alcool… bref…

— Non Julia, ce soir je dois emmener Nathan chez le pédiatre pour sa visite de contrôle… Tu as toute la journée pour profiter de ton amie…
— Allez Maman, s’il te plaiiiiiiiiit….
— Non, Julia se n’est vraiment pas possible…Tu n’es pas toute seule dans la famille. Tu as tendance à l’oublier…
— Tu ne comprends rien !

Une portière claquée et cinq minutes de perdues encore…. Prochain arrêt chez ma mère…

— Oui Maman, je sais que je ne te vois pas assez… Mais là vraiment, ce n’est pas le moment ! Promis, on viendra manger samedi, enfin non pas ce week-end, Nathan a un anniversaire et Marc est en déplacement… le weekend prochain, d’accord ?

Après un petit bisou à mon fils, l’avantage quand ils sont encore petits, me revoilà dans la voiture ! Zut et rezut ! Je viens de filer l’un de mes bas… Impossible de partir comme ça… Je vais être obligée de repasser par la maison…

Déjà 8 h 40… Impossible d’être à l’heure… Je sens que je suis déjà dans un état de nerf pas possible… Tant pis… Je m’installe sur la terrasse… Juste 4 minutes, le temps de fumer une clope… De toute façon, je vais arriver en retard et me prendre encore une jolie réflexion sur les femmes qui n’arrivent pas à composer entre leur vie de famille et leur job… Autant que j’arrive un peu plus détendue… J’allume ma cigarette et laisse la première bouffée faire son effet… Je sais qu’il faut que j’arrête mais là dans un moment comme celui là, cela me semble impossible… Je me concentre sur cette sensation de détente qui se propage un peu plus à chaque bouffée…
Un bruit à l’intérieur… Qu’est ce que c’est encore ? Je quitte à regret ma cigarette et me lève pour aller voir…

— Chéri c’est toi ? Tu es encore là ?

La porte de la salle de bain s’ouvre et mon mari sort une serviette autour de la taille, la peau encore humide… Il me regarde un petit sourire en coin, les yeux brillants… Je connais cet air là… Cette envie dans ses yeux que je voyais si souvent au début de notre histoire… Je reste un brin surprise car cela fait bien longtemps que je n’ai pas vu ce désir brûler dans ses yeux… Le quotidien, le train-train ou plutôt le TGV de la vie familiale ont depuis bien longtemps eu raison de la passion au sein de notre couple… Je me surprends à apprécier ce regard… Mais là, non ! Vraiment ce n’est pas le moment !

— Chéri je dois être à l’agence dans cinq minutes ! il faut absolument que…

Je n’ai pas le temps de finir ma phrase, qu’il laisse tomber la serviette et me plaque contre le mur du couloir… Sa bouche s’empare avidement de la mienne. Dans un premier temps, j’envisage de résister… Mais je sens son envie contre ma hanche et vois dans ses yeux verts une détermination qui me laisse sans voix… L’ardeur et la folie ont depuis longtemps quitté nos ébats amoureux… Alors au diable le boss et sa réunion ! Je me laisse embarquer dans cette douce folie et ferme les yeux comme pour lui donne mon consentement…

Il m’enlève mon manteau et je dégage mes bras pour l’enserrer et plaquer un peu plus ma poitrine contre son torse encore humide… mais il m’attrape violemment les mains et me les plaque un peu brusquement au dessus de la tête… J’ouvre les yeux et j’avoue que ce côté un
peu autoritaire, dominateur m’excite un peu… des petits frissons parcourent déjà mon entrejambe… sa bouche, toujours plus avide, descend langoureusement le long de mon cou, et pénètre à l’intérieur de mon décolleté jusqu’à libérer mon sein du soutien gorge… Sa langue commence à me titiller le mamelon, d’abord doucement, puis de plus en plus fort jusqu’à m’arracher des petits gémissements… Mon corps frémit sous le sien mais d’un coup de rein, il me plaque un peu plus contre le mur et entreprend de libérer mon autre sein… Sa bouche le caresse, comme si elle le dessinait, d’abord tout autour, puis elle se rapproche du centre et elle enserre mon mamelon délicatement puis plus vivement avec ses dents… Je laisse échapper un petit cri de surprise… qui n’a pour effet que de l’encourager un peu plus… Ses lèvres, sa langue, ses dents stimulent toujours plus la peau fine de ma poitrine… Mes mamelons durcissent de plus en plus, jusqu’à ce que cela devienne à peine supportable… Chaque passage de sa langue, son souffle contre ma peau m’électrisent un peu plus… Malgré sa hanche calée contre moi, je commence à onduler le bassin… Le désir se propage un peu plus… Mon corps tendu dans l’attente d’être empli… Mon string commence à être humide et mon envie devient de plus en plus pressante…

Des petites décharges de plaisirs irradient à l’intérieur de moi… De plus en plus fortes… Ne le sent-il pas ? Pourquoi continue t-il de me torturer de la sorte ? Enfin, il lâche mes mains, mais celles-ci restent en l’air comme s’il m’avait vraiment ligotée, j’ai l’impression de sentir encore ses mains enserrer les miennes contre le mur, alors que je sens déjà ses doigts défaire la fermeture éclair de ma jupe, qui glisse à mes pieds… Comme si abîmée dans le plaisir, ses mains se démultipliaient pour m’accompagner sur le chemin du plaisir… Ses mains qui enserrent maintenant mes fesses violemment… Ça y est, je sens l’onde de plaisir me parcourir et monter, monter…

Mais d’un seul coup il me relâche brutalement… Je n’en peux plus, j’aimerai qu’il me prenne là maintenant… Mais non, il commence à me caresser les jambes… Il passe ses doigts doucement sur mes bas… Il monte doucement, caresse ma peau nue jusqu’à frôler la dentelle de mon string puis redescend tout aussi doucement… Cela en devient insoutenable… Il continue à ce rythme… encore et encore… Des caresses tout en légèreté qui contrastent avec la puissance de son envie… Je sens son sexe palpiter contre ma hanche… Et cela m’excite au plus haut point… Sa bouche rejoint de nouveau la mienne… Sa langue se fraie un chemin à travers mes lèvres… Elle vient narguer la mienne… Puis ressort… dessine le contour de mes lèvres… Il aspire mes lèvres doucement puis violemment, j’en ai le souffle coupé… pendant que ses mains s’approchent toujours de mon entrejambe puis s’éloignent… Je sens que je me consume, l’envie et la chaleur se propagent toujours plus… jusqu’à ce concentrer au niveau de mon petit bouton d’amour… Je sens qu’il durcit, qu’il enfle… Une chaleur localisée qui m’enflamme… Enfin, il m’arrache violemment mon string… Son pouce s’approche de mon bourgeon du plaisir, déjà tout enflammé… Je retiens mon souffle… Il commence à dessiner des petits ronds, tout autour, puis dessus et de plus en plus vite…. Jusqu’à ce que je me perde dans un abîme de plaisir… L’orgasme me submerge enfin et me délivre de cette attente éprouvante… Une violente onde de plaisir qui se propage jusque dans mes entrailles…

Je sens à peine ses bras qui me maintiennent debout qu’il est déjà en moi… Je pousse un cri… Chaque parcelle de chair semble brûler de plaisir et chaque coup de rein provoque en moi des sensations vertigineuses… Comme si mon corps n’attendait que ça… J’aime sa façon si virile de me prendre là contre le mur et je me laisse emportée par un deuxième orgasme plus puissant encore que le précédent… Je suis comme transportée ailleurs… Dans un état de plaisir et de bien-être immense…

Une sonnerie me sort de ma torpeur… Je suis sur la terrasse, ma cigarette complètement consumée entre les doigts.

Sur mon portable, deux messages :
« Eve, il est 9 h passées et vous n’êtes toujours pas là, on attend plus que vous ! »
« Chérie, n’oublie pas le pressing »

Par Cecyloo

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire