Mélanie Robert : aux antipodes de son rôle dans « Un si grand soleil »

Mélanie Robert crédit photo : Jeremy Aliot

Les Français ont découvert il y a quelques mois Mélanie Robert dans la série à succès de France 2

« Un si grand soleil ».

Elle incarne Manon, adolescente dure considérée comme une peste.

Nous avons rencontré une jeune femme charmante à l’opposé de son rôle.

Pour La Vida, elle se confie sur ses débuts dans le métier, son rôle et sa notoriété naissante ainsi que ses aspirations en tant qu’actrice.

Propos recueillis par

Christine Pugliesi et Lola Thierry


Pourquoi avez-vous voulu devenir actrice ?

Je ne sais pas si je pourrais dire que j’ai voulu devenir actrice, mais depuis que je suis toute petite, j’ai toujours aimé raconter des histoires, inventer des personnages. Dès trois ans j’inventais des trucs qui n’avaient ni queue ni tête, c’était assez drôle ! A l’âge de sept ans, j’ai commencé à faire du théâtre et des stages. Les films que je préférais étaient avec Louis de Funès ou Bourvil, ils font partie de ma légende ! Je connais tous les films de Louis de Funès par cœur, c’est pour moi un génie du cinéma français. Pendant longtemps je reprenais des répliques de films. Ensuite, je suis rentrée au lycée et quand il a fallu réfléchir à mon orientation, rien ne me plaisait sauf cela. Au début, c’était un peu compliqué à imposer et dire à ma famille que je n’avais pas envie de suivre un cursus normal. J’ai eu énormément de chance parce que mes parents m’ont beaucoup soutenue, surtout mon père. C’est lui qui m’a trouvé le stage pour le concours d’entrée pour le cours Florent. Le deal était « tu passes le bac et si tu l’as, on t’envoie à Paris », pour avoir un bagage, au cas où.

C’est une belle preuve d’amour !

Oui. Les années lycées ont été horribles d’autant plus que j’étais en internat. C’est paradoxal car c’est à cette époque que je me suis fait mes meilleurs amis. Manon, mon personnage dans « Un si grand soleil » est au lycée, et lors des premiers jours de tournage, j’étais tétanisée, j’avais une boule au ventre.

Pourquoi avez-vous détesté le lycée ?

J’aimais bouger, je ne pouvais pas rester assise sur une chaise. J’avais l’impression d’apprendre des choses dont je ne me servirais pas, de perdre mon temps. Finalement, j’ai eu le bac et j’ai passé le concours pour le Cours Florent. Cela se passait sur quinze jours avec une réponse la semaine suivante. J’ai su mi-août que j’étais prise pour septembre : j’ai foncé à Paris chercher un appartement, et ma vie a changé totalement. Je vis à Paris depuis six ans aujourd’hui.

Que s’est-il passé pendant ces six ans ?

J’ai suivi le cursus global du Cours Florent pendant trois ans, et ensuite les choses sont devenues compliquées. Il a fallu trouver un agent, passer des castings : je me suis posée beaucoup de questions, je me demandais si j’avais fait le bon choix et ce que j’allais devenir…

Mélanie Robert
crédit photo Jeremy Aliot

Comment avez-vous connu le casting de « Un si grand soleil » ?

Sur une annonce que j’ai trouvée sur internet. Au début je n’osais pas trop postuler car le personnage était jeune, mais j’ai envoyé une vidéo, des photos et ils m’ont contactée. Le personnage de Manon, c’était tout ce que je n’étais pas au même âge. J’ai un fort caractère et du tempérament, mais je n’avais pas ce côté peste. Je suis très proche de mes parents, jamais je n’aurais pu leur parler comme ça ! Il y a un truc chez cette adolescente qui ne va pas du tout, on ne peut pas être méchante comme ça à son âge pour rien. Je pense qu’il y a autre chose derrière. Pour le moment, dans la série, on ne voit pas ce double masque, mais j’espère en tout cas que l’on va le percer.

Au départ, lorsque j’ai rencontré le producteur Toma De Matteis, j’ai évoqué avec lui le fait que j’ai en réalité dix ans de plus que le personnage de Manon. Je craignais que cela puisse poser un problème. Et il m’a répondu que l’on ne peut pas forcément jouer à quinze ans des choses que l’on n’a pas vécues. Je trouvais intéressant pour moi de jouer cette adolescente qui ne me ressemble pas du tout.

C’était un challenge ?

Je ne sais pas si je dirais que  c’était un challenge, car elle a des côtés où je me reconnais en elle : moi aussi mes parents ont divorcé. Mais, ma mère me dit que lorsqu’elle regarde la série, elle me reconnaît physiquement bien sûr, mais que c’est très difficile pour elle de me voir aussi méchante.

Que vous êtes-vous dit après avoir été prise pour le rôle de Manon ? Puisque là, tout se déroule à Montpellier, pas à Paris.

Au début, je me suis dit que ça allait durer quelques semaines, quelques mois. Je suis originaire de Toulouse, alors le Sud ne me faisait pas peur. Mais quand j’ai su que c’était un an et 235 épisodes, j’ai réalisé l’ampleur de la série. J’en ai parlé forcément avec ma famille, mon agent, mes amis qui sont dans le métier, et je me suis dis qu’on me donnait ma chance. Je ne suis personne, on ne me connaît pas, on ne connaît pas mon nom. Des gens me faisaient confiance alors il n’y avait pas de questions à se poser de savoir si c’était loin ou si c’était long. Au final, c’est doublement une chance car cette série est une grande famille : tous sont bienveillants et attentionnés. Jeremy Banster et Maëlle Mietton, les acteurs qui jouent mes parents. Ils ont du vécu et pourtant, il n’y a pas de hiérarchie de place, tout le monde est logé à la même enseigne, tout le monde s’aide et se conseille.

Avez-vous fait beaucoup de castings avant ? Est-ce difficile ?

Quand j’étais aux cours Florent, je faisais beaucoup de publicité donc j’ai été habituée à faire des castings publicité. J’ai fait un tout petit peu de mannequinat, et là, c’est horrible ! Les filles se dévisagent, il faut être la plus jolie, la plus mince, c’est compliqué. Dans le milieu du cinéma, ce ne sont pas des requins : nous sommes tellement tous différents ! En fait, c’est l’émotion que l’on procure lors du casting qui compte.

Mélanie Robert crédit photo : Jeremy Aliot

N’y a-t-il  pas une part de chance ?

La part de chance existe dans les rencontres que l’on fait. Personnellement, ma famille n’est pas du tout dans le milieu du cinéma donc je n’ai pas la chance de connaître telle ou telle personne. Dans mon cas, il faut provoquer la chance ! Je n’oublie pas que mes années au cours Florent étaient supers, mais une fois terminées, j’ai passé des mois à me demander comment j’allais faire, combien de temps cela prendrait avant d’y arriver, avant de me faire connaître.

Quelles sont les acteurs ou actrices qui vous ont donné envie de faire ce métier ?

Meryl Streep est mon idole, parce qu’elle est capable de tout faire, elle est excellente dans tout. Ce serait un rêve de me dire que je peux jouer n’importe quoi, d’avoir n’importe quel look et d’être excellente à chaque fois. Pour moi, c’est cela une grande actrice. Je me suis beaucoup nourrie de comiques également : quand j’étais petite, j’adorais Eli Kakou, je me disais que je voulais faire rire les gens, leur donner de la bonne humeur. Je ne l’ai jamais fait au théâtre et c’est un petit regret.

J’adorais aussi la troupe du Splendid : Les Bronzés, Le Père Noël est une ordure… Plus jeune, j’ai joué le personnage de Josette dans Le Père Noël est une ordure. Avec Le Dîner de con, ce sont les deux films que je connais par cœur.

Si vous deviez jouer avec un réalisateur, ce serait qui ?

C’est compliqué, parce que c’est en fonction des rôles et des films. J’aime beaucoup Guillaume Canet, je le préfère même en tant que réalisateur et j’aime aussi Luc Besson. Je ne pourrais pas citer plusieurs réalisateurs je suis plus marquée par un film que par un réalisateur.

Je vais vous poser la question que je pose à tout le monde et que j’aime beaucoup : vous montez dans la DeLoréane du film « Retour vers le Futur » et vous arrivez en 2008, que dites-vous à Mélanie ?

Je lui dis qu’il ne faut jamais lâcher ce dont on a envie, qu’il faut croire en ses rêves et qu’il faut se battre. Il n’y a que des rencontres et que des choses formidables peuvent nous arriver. Il ne faut pas avoir peur, cela peut être compliqué mais on peut y arriver. On a tous en nous un rêve, quelque chose d’ultime que l’on a envie de voir aboutir, et je pense qu’il ne faut pas lâcher tant que l’on n’est pas allé au bout.

Vous remontez dans votre DeLoréane, et vous allez en 2028, que souhaiteriez-vous voir ?

J’aimerais vivre de ce métier.

C’est le cas !

Oui.

J’aimerais me dire que l’on voit l’actrice que je suis, que l’on sait ce que je suis capable de faire. Le but dans dix ans ce serait de me dire que l’on a écrit quelque chose pour moi. Je rêverais d’accomplir une prestation comme celle de Marion Cotillard dans La Môme.

Donc c’est un modèle ?

Oui, Marion Cotillard est un modèle. Elle est capable de tout jouer, c’est un peu la Meryl Streep française. Le fait qu’elle tourne aux Etats-Unis est très intéressant pour un acteur car la manière de travailler est complètement différente.

Comment vivez-vous la notoriété ?

Je pense que les gens se disent que c’est formidable d’être reconnue et de signer des autographes… Mais cela peut vite être pesant, parce que les gens ne se rendent pas compte que nous ne sommes pas leurs amis. Nous ne sommes que des gens normaux et qu’ils ne peuvent pas s’arrêter pour nous dire tout ce qu’ils pensent de nous. Surtout ce qu’ils pensent du personnage de Manon ! Je comprends qu’ils aient un a priori sur Manon, mais je préférerais que l’on vienne me parler en me demandant comment j’arrive à jouer quelqu’un de méchant. Au contraire, les gens m’agressent, et me traitent de monstre, de peste, alors que c’est une fiction ! Il faut comprendre qu’il y a deux personnes : j’interprète Manon mais je ne suis pas Manon !

Cela vous arrive-t-il de craquer des fois ?

Cela m’est arrivé une fois. Heureusement, il y avait Jeremy Banster, (qui joue mon papa dans la série) : lors d’un tournage en extérieur, une personne a dit qu’elle ne m’aimait pas. Jeremy s’est interposé et a expliqué au monsieur qui m’agressait que je n’étais pas Manon. J’ai faillit craquer ce jour-là.

Vous êtes à Montpellier encore pendant combien de temps ?

On tourne la saison 1 jusqu’en mai. Et après, peut-être la saison 2 !

Vous n’avez pas de recul ?

Non, pour l’instant nous n’avons aucune information.

Si on vous propose des projets en parallèle de la série, pouvez-vous les accepter ?

Oui, nous n’avons pas de contrat d’exclusivité. Mais il ne faut pas que cela empiète sur « Un si grand soleil ».

A part les acteurs de la série, avez-vous réussi à vous faire des amis à Montpellier ?

Pas du tout, parce qu’on ne sort pas ! On part au studio ou en extérieur, on tourne, et lorsque l’on rentre, soit on est mort de fatigue et on reste dans notre chambre, soit on va dîner, mais entre nous, en famille (rires).

Y a-t-il quelque chose que vous voudriez ajouter ?

Je suis très contente de faire ce projet ici, je trouve que c’est une ville très agréable. Lorsque vous m’avez invitée au défilé du couturier Jérôme Blin en octobre dernier, je ne m’attendais absolument pas à cet accueil et à pouvoir le rencontrer. Je me suis dit qu’on avait la chance de le voir, de lui parler, de lui poser des questions. A Paris, cela ne se passe pas du tout comme ça !

Cela fait du bien de rencontrer des gens comme vous et comme tout le monde sur le plateau, cet esprit de famille.

J’ai l’impression de connaître les gens depuis longtemps, c’est très agréable.

Peut-on dire que vous réalisez votre rêve d’enfant ?

Complètement ! J’espère que ce n’est que le début, mais c’est un très bon début, et j’en suis très contente. ■

Mélanie Robert
crédit photo Jeremy Aliot


Le shooting a été réalisé à l’Hôtel Oceania Metropole de Montpellier.

La Vida remercie Laura Li Vecchi pour son accueil.

Photographie : ©Jeremy Aliot / Instagram : @chasseurdemotions

TENUES : Jérôme Blin Créateur / Instagram : @jeromeblincreateur

Coiffure : Veronica Liccardi / Instagram : @veronica_liccardi

Maquillage : Marion Fievet / Instagram : @marionpromakeup

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