Mélanie Maudran : le soleil de France 2 à Montpellier

C’est dans un lieu emblématique du centre de Montpellier que j’ai rencontré Mélanie Maudran, mi juillet.

Elle nous raconte en exclusivité son parcours de vie jusqu’à son rôle de Claire, héroïne multi facettes qu’elle interprète dans le feuilleton quotidien « Un si grand soleil », diffusé sur France 2 depuis le 27 août.

Rencontre avec une jeune femme naturelle et lumineuse.

Propos recueillis par Christine Pugliesi 


Pourquoi avez-vous accepté le projet de « Un si grand Soleil » ? Qu’est-ce qui vous a donné envie ?

J’ai vraiment pris ce projet comme une aventure. Ce qui m’a également plu était de repartir sur une aventure de groupe où nous pouvions construire un personnage de série dans le temps.

Il y a une très bonne ambiance au sein des comédiens et l’entente au niveau du jeu et au niveau humain est très bonne.

Qu’est-ce qui vous a plu dans le personnage de Claire ?

Je me suis attachée au personnage sur uniquement cinq épisodes. En effet, cela commence très fort ! Il lui arrive des choses très intenses dès le début : le rythme est soutenu, le personnage est déjà très construit. 

Et je dois dire que c’est très jouissif de jouer un personnage de femme comme elle ! Nous ne connaissons pas les raisons de son départ de Montpellier, il y a une zone très opaque autour de son passé. Très rapidement, même si Claire est l’héroïne, on se rend compte qu’elle n’est pas « toute blanche » : la part d’ombre est très présente.

Elle a fait un choix très radical de vie en effaçant tout le monde du jour au lendemain. Elle avait 18 ans et elle était enceinte : cela annonce un personnage avec un très fort caractère. Elle prend son destin en main mais il y a également un part de fuite dans sa décision de partir : elle porte en elle un sentiment de culpabilité très fort vis à vis de sa sœur. Du coup, elle décide d’offrir un parcours de vie différent à son fils. 

Est-ce courageux de fuir ? Ou pas ?

Je ne sais pas ! Un peu les deux. Les choses ne sont pas tranchées, ce n’est pas manichéen. Elle est forcément courageuse pour partir comme elle le fait mais en même temps, elle s’enfuit et elle tourne le dos à tout le monde. D’ailleurs, tout son entourage va lui reprocher, elle va devoir tous les affronter.

Lors du visionnage du premier épisode et des extraits que la production a dévoilé, j’ai trouvé que Claire était attachante. Qu’en pensez-vous ?

J’ai souhaité qu’elle le soit parce qu’elle doit assumer le fait que sa sœur se soit suicidée à cause d’elle ! On peut ne pas l’aimer. Cette série se rapproche au plus près de la vie et c’est pour cela qu’elle m’a plu !

D’un point de vue personnel, comment avez-vous géré votre vie de famille et votre travail à Montpellier ?

Mes enfants sont encore petits et rien ne passera jamais avant eux. J’ai mis ma carrière entre parenthèse lorsque je suis devenue maman. Bien sûr, c’est un tsunami, un bouleversement intense. Une autre vie tellement mieux, tellement magique. Cela a été une vraie révélation et je suis vraiment heureuse d’avoir pu profiter des moments rares et privilégiés que sont les premières années de mes enfants. 

« J’ai mis ma carrière entre parenthèse lorsque je suis devenue maman. Bien sûr, c’est un tsunami, un bouleversement intense. »

 

Evidemment, lorsqu’ils ont été un peu plus grands, j’ai réfléchi à la possibilité de revenir travailler. Mais ce métier n’est pas anodin, on ne retrouve pas son poste en rentrant de congé maternité ! (rires)

Un mois après mon retour, on m’a proposé ce rôle et cela a été une vraie chance ! Les choses se sont faites assez naturellement en fait. 

Qu’est-ce qui vous a donné envie de faire ce métier ?

J’ai grandi dans un terrain propice ! Les personnalités des membres de ma famille, notamment ma grand-mère, sont très fortes et très gaies. Chez nous, on chante et on rit beaucoup. Ma grand-mère a eu quatre filles et elle a eu l’idée incroyable de garder tous les vêtements. Il y avait des malles pleines et nous nous amusions, mes cousines et moi à nous déguiser. Tous les jeux de l’enfance ont surement contribué à mon goût pour la comédie. À onze ans, j’ai dit à mes parents que je souhaitais faire du théâtre. Je ne sais toujours pas pourquoi je leur ai dit ça ! (rires)

Du coup, ils ont trouvé une école de théâtre associative près de la maison. Cela a été déterminant car une troupe d’enfants de mon âge a été montée. Nous avons commencé à faire des spectacles, nous avons appris à faire des costumes, des décors, à nous maquiller. Je me sentais comme dans un cocon dans cet univers. Nous avons eu la chance de faire des tournées en minibus, c’était exaltant ! 

Un jour, Claude Chabrol est venu tourner son film « La cérémonie » en Bretagne. La dame qui gérait la troupe a envoyé nos photos car il cherchait une jeune fille pour un tout petit rôle et contre toute attente, je l’ai décroché.  J’intervenais sur une scène avec Jacqueline Bisset, Virginie Ledoyen et Isabelle Hupert ! Cela a été mon premier contact avec la caméra. J’ai adoré mais je ne connaissais personne, je n’avais aucun contact et je ne me projetais pas en actrice en tant que métier à proprement parler. Je ne pensais même pas à Paris ! 

Comment cela a-t-il évolué alors ?

Deuxième coup du destin, j’attendais le bus à Rennes et un inconnu m’a abordé en me demandant si j’avais déjà fait des photos de mode. Il travaillait pour l’agence Elite et recherchait des nouveaux visages.  Je suis tombée des nues car j’étais très timide et je n’avais pas confiance en moi, encore moins dans mon physique. Il a ensuite contacté mes parents et nous sommes allés à Paris rencontrer le patron de l’agence. Il m’a inscrit alors au concours Elite Model Look où je suis arrivée 3e. Canal Plus était présent lors de l’évènement et ils ont choisi de me suivre. Un agent m’a vue lors de leur reportage et il m’a envoyé sur le casting de Nestor Burma et j’ai eu ce rôle. Je me suis professionnalisée de cette façon.

Tout ça presque par hasard ?

Oui et non ! C’est un peu un mélange : je pense que l’on détermine beaucoup de choses dans notre vie mais il y a des trains qu’il faut savoir prendre. Celui de « Un si grand soleil » est un signe. C’est une aventure où j’embraque toute ma famille.

Cela devient un vrai choix de vie au final ?

Oui réellement ! La série implique une présence importante à Montpellier, un engagement sur le long terme. J’ai dû organiser ma vie de famille en conséquence. Au final, nous nous sommes installés ici, c’était ce qu’il y avait de plus simple.

Vous vous plaisez à Montpellier ?

Oui ! Parlons-en de cette ville ! Je ne connaissais absolument pas Montpellier mais franchement je la trouve géniale ! J’appréhendais au départ mais je me sens extrêmement bien ici.

« Je me suis attachée au personnage de Claire sur uniquement cinq épisodes.Il lui arrive des choses très intenses dès le début. »

Quels sont les acteurs ou actrices que vous admirez ?

Quelle question ! Je ne sais pas. Elle n’est plus là mais pour moi, c’était la plus grande : Romy Schneider.

Qu’est-ce qui vous plaît en elle ?

Elle est l’incarnation absolue de l’actrice avec tout le destin tragique qui va avec. Romy Schneider respirait la sensibilité, la fragilité. Il y a quelque chose de complètement magique quand elle riait. C’est une actrice immense, elle me donne la chair de poule chaque fois. Elle était vraiment juste et sincère lorsqu’elle jouait et à mes yeux, être acteur est plus un état d’être qu’un travail.

Que voulez-vous dire par « être acteur est un état d’être » ?

L’instrument d’un acteur c’est lui-même. Il doit se protéger de certaines choses car jouer des sentiments et des émotions, peut avoir un impact. Les comédiens sont conscients de tout cela et ils se protègent. Personnellement, j’ai toujours tenu à faire un important discernement entre les deux.

Jouer la comédie c’est être sincère dans l’instant mais il faut savoir se protéger. Lorsque l’on rentre chez soi, il faut vraiment enlever le costume. Par contre, au moment où l’on joue n’importe quelle scène, que cela soit un drame absolu ou alors le bonheur, il faut être là et jouer avec sincérité. 

Le rythme de tournage est intense non ?

Existe-t-il un mot plus fort que « intense » ? (rires) 

Oui très intense ! Heureusement, Claire ne sera pas là tout le temps mais malgré tout, sur les 40 premiers épisodes, elle est omniprésente ! Nous sommes allés jusqu’à tourner 11 scènes par jour, ce qui est considérable ! Mais en moyenne, nous sommes à environ 8 séquences par jour en studio. 

Vous allez être très médiatisée. Est-ce que vous appréhendez ?

Prenons les choses étape par étape ! La première étape était de bien faire mon boulot. Bien sûr, le but étant que les gens voient notre travail et nous espérons que le public aimera ! Mais, je ne pense pas trop à la notoriété.

Pourtant tous les jours, vous serez chez les Français !

Oui bien sûr, c’est dingue ! Nous faisons un métier hors norme mais notre vie est totalement normale ! 

Je n’appréhende pas, je verrai le moment venu. Si les gens aiment, j’imagine qu’ils seront bienveillants. Et tant qu’ils sont bienveillants, c’est tout à fait gérable. 

Mélanie, je vais vous poser cette question que je pose toujours et que j’adore.

Imaginez que vous rentrez dans la DeLorean de « Retour vers le futur » et vous repartez voir Mélanie qui a onze ans. Que lui dites-vous ? 

(Silence pendant quelques secondes. Mélanie est émue.)

C’est une question très touchante. Je lui dis que c’est bien parce qu’elle a réussi à ne pas trop changer. Je suis dans le village de ma grand-mère, dans cette maison que mon grand-père avait construite en Bretagne. Mon monde est toujours celui-là et cela sera toujours celui-là ! On a beau voyager, on a beau rencontrer pleins de personnes, je suis toujours la petite fille que j’ai été, j’ai réalisé mes rêves et j’ai fondé une belle famille !

Vous voulez rajouter quelque chose ?

Après cette question, non ! (rires) ■

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