Maud Baecker : le temps d’une pause à Montpellier

Photographe : Vincent Luche pour La Vida Magazine

Installée à Sète pour son rôle dans la série phare de TF1 « Demain nous appartient »,
Maud Baecker enchaîne les projets et les déplacements sur Paris.
Pour La Vida, elle s’accorde une pause dans son emploi du temps trépidant et se confie sur son parcours et ses rêves d’avenir.
Confidences d’une jeune femme épanouie.

Propos recueillis par Christine Pugliesi et Lola Thierry


Pourquoi avez-vous voulu être actrice ?
Pour moi cela a toujours été normal et naturel, comme si je ne pouvais faire que ça. Je n’ai jamais eu d’autres idées de métier. Dès l’enfance, tout le monde disait que j’allais être comédienne ! C’est peut-être le fait d’avoir entendu cela en étant enfant… A 6 ans, j’ai demandé à faire des cours de théâtre en même temps que le piano et la danse.

Où étiez-vous au collège et au lycée ?
A Paris,  je suis une fausse bretonne ! (rires). J’ai grandi à Paris mais toute ma famille est à Saint-Malo.

C’est d’ailleurs grâce au théâtre que j’ai eu mon bac ! En effet, j’ai pris option théâtre, cela me faisait un coefficient 12. Heureusement, sinon je ne l’aurais jamais eu !

Que s’est-il passé après ?
J’ai eu mon bac à 17 ans et je suis entrée au Conservatoire à Paris.

Grâce à cela, j’ai tout de suite été vue par des metteurs en scène, et j’ai commencé à travailler très rapidement : deux spectacles par soir à Paris.

Quelles étaient ces pièces ?
Il y a eu celles de Stéphan Druet et Jean-Louis Bihoreau, à l’Hôtel Gouthière, au Festival des Nuits d’Eté. J’ai tout de suite commencé avec toute la bande du 10ème, dans laquelle Jérémy Banster faisait partie où il est devenu mon metteur en scène.

Ensuite, tout s’est enchaîné : les pièces se jouaient, j’ai fait des spectacles pour enfants, et j’ai joué au théâtre Comédia.

Vous n’avez donc jamais eu de creux ?
Pas tant que ça car grâce au théâtre j’avais toujours des projets même si parfois je ne savais pas si la création allait se monter. Je faisais des lectures, des répétitions sans parfois savoir si les pièces allaient se faire. Encore aujourd’hui, je fais des lectures pour des pièces sans savoir si elles vont être produites et achetées. Le théâtre est toujours incertain : il n’y a pas beaucoup de projets qui voient le jour. Même les metteurs en scène qui ont du succès ont des pièces et des lectures qu’ils ont essayé de faire en parallèle et qui ne voient jamais le jour.

Comment s’est fait « Demain Nous Appartient » ?
J’avais fait des guests à la télévision et je venais de tourner dans le film de Jean-Pierre Améris, « Je vais mieux », avec Eric Elmosnino et François Berléand.

A ce moment là, j’étais au théâtre et cela faisait déjà deux mois qu’ils étaient sur le casting. Je suis arrivée au tout dernier moment et j’ai été prise tout de suite. Ingrid Chauvin avait déjà été choisie pour jouer l’une des deux sœurs et cela s’est fait tout seul.

Je partais en tournée à l’Île de la Réunion, je suis revenue 15 jours après directement à Sète.

Vous faisiez une pièce à l’Île de la Réunion ?
Oui, « Le cercle des illusionnistes » d’Alexis Michalik, que je joue toujours. On est même partis en Nouvelle-Calédonie pour cette pièce, on s’est arrêté à Tokyo, et enfin à la Réunion.

Dès mon retour, « Demain nous Appartient » a commencé. Je ne savais pas dans quoi je m’embarquais ! On m’avait dit que j’aurais sept jours de tournage par mois, mais au début, je tournais tous les jours pour la première arche.

Photographe : Vincent Luche pour La Vida Magazine

Comment faisiez-vous pour gérer votre vie personnelle ?
C’était compliqué car je jouais au théâtre au même moment. Je faisais beaucoup d’allers-retours ! Heureusement, j’avais deux remplaçantes.

C’est un choix de vie mais c’est génial d’habiter dans une ville comme Sète ! Nous avons commencé l’été, nous allions à la plage dès que l’on finissait. Et je remonte à Paris pour le théâtre, les castings, les rendez-vous.

Connaissiez-vous les autres comédiens ?
J’en connaissais quelques uns qui venaient du théâtre dont Alexandre Brasseur.

Ce qui est drôle, c’est qu’Ingrid Chauvin m’avait vue jouer au théâtre des mois auparavant et avec son mari ils s’étaient dit que je lui ressemblais, sans savoir que nous allions jouer deux sœurs !

Vous n’avez pas eu peur de vous engager sur un projet aussi long ?
Au début, on ne savait pas car on nous avait dit que c’était une saga d’été. On a tous été agréablement surpris même si on ne savait pas du tout dans quoi on s’embarquait, ni l’équipe technique, ni celle de la mise en scène ou ni les comédiens.

C’est génial à vivre d’être à l’origine d’un projet comme celui-ci. Nous étions très fatigués avec un rythme de fous : nous avons commencé à tourner fin mai, c’est-à-dire sept semaines avant la diffusion du 17 juillet.  C’était vraiment tout de suite ! Nous n’avions pas trop de recul, heureusement, cela a été très bien accueilli et le public a suivi. Tant que ça marche, que le public nous suit, on continue !

Vous ne vous lassez pas ?
Pas du tout ! J’aime beaucoup mon personnage, il lui arrive toujours des choses différentes. Il y a une vraie évolution : au début on ne savait pas du tout qui j’étais, j’étais amnésique, et maintenant, Anna, mon personnage, a des histoires d’amour, des intrigues différentes. Il y a tous les liens avec sa famille, sa mère, sa sœur, et il y a le retour du père, les rapports avec mes petits neveux… c’est super, il y a plein de choses différentes à jouer.

Photographe : Vincent Luche pour La Vida Magazine

Vous n’avez pas d’exclusivité avec « Demain Nous Appartient »?
Non, ils sont assez cool, ils nous libèrent pour d’autres choses s’il le faut. J’ai le temps de faire des dates de tournée au théâtre.

Et grâce à « Demain nous Appartient », on m’appelle pour d’autres projets : j’ai tourné un autre téléfilm avec TF1, « Un bébé pour Noël », et puis j’ai été dans le jury de Miss France !

Avez-vous une préférence entre le théâtre et la télévision ?
Je viens du théâtre, donc j’ai besoin d’y retourner, c’est un équilibre, ce sont mes racines. Je suis contente de pouvoir continuer à faire des dates car cela me recentre.

Au théâtre, on maitrise les choses, on se prépare nous-mêmes, on se maquille nous-mêmes, il n’y a pas de montage. Là, nous sommes en direct, ça n’a rien à voir !

Mais l’un va avec l’autre, j’apprécie autant les deux. Quand j’ai joué au théâtre je suis contente de revenir jouer sur le plateau. Ce sont deux plaisirs très différents et ça se complète. J’ai la chance de pouvoir faire les deux donc j’en profite !

Avez-vous un registre que vous préférez, ou dans lequel vous n’avez pas encore joué et qui vous attire ?
J’ai la chance d’avoir déjà joué au théâtre dans des choses comiques et dramatiques. Je n’ai pas particulièrement de préférence pour un registre en particulier. J’aime passer de l’un à l’autre et pouvoir faire plusieurs choses. Il y a des scènes où je pleure beaucoup, des scènes où je suis plus joyeuse. C’est bien d’avoir un peu de tout.

C’est dur de pleurer ?
Si la scène est bien écrite et que c’est cohérent non, ce n’est pas difficile.

La vie parisienne ne vous manque pas ?
J’y vais souvent ! Dès que je peux, je vais au théâtre quand mes pièces se jouent à Paris.

Donc vous avez un pied à terre là-bas et ici ?
Oui, j’ai les deux mais je passe plus de temps dans les trains (rires) ! Et comme toute ma famille est en Bretagne à Saint-Malo, cela me fait vraiment beaucoup de voyages.

Photographe : Vincent Luche pour La Vida Magazine

Je vais vous poser la question que je pose à tout le monde, et que j’adore : vous montez dans la DeLorean du film « Retour vers le Futur », vous avez dix ans, que dites-vous à la petite Maud ?
C’est une question très émouvante, très touchante. A la petite de dix ans que j’étais, je lui dirais de tenir le coup, et qu’elle va réussir à réaliser ses rêves. C’était une période très difficile avec la séparation de mes parents, et je ne pensais pas que j’allais un jour réussir à trouver une forme d’équilibre.

A dix ans, nous sommes dépendants de nos parents et de ce qu’il se passe : on n’a pas le choix, et on subit beaucoup alors je lui dirais de tenir, et qu’un jour elle pourra choisir ce qu’elle veut vraiment.

Aujourd’hui c’est moi qui décide de ce que je veux faire, pas comme la petite fille de dix ans que j’étais ! Il y a un moment où l’on prend le contrôle sur sa vie, c’est à nous de faire des vrais choix, et on peut faire ce que l’on a envie de faire. Je lui dirais de tenir bon et que cela va arriver après.

Vous remontez dans votre DeLorean, et vous allez dans dix ans, comment voudriez-vous que soit Maud de 40 ans ?
Pour moi, il est très important d’être épanouie professionnellement, de faire ce que l’on veut, mais ce qui me tient vraiment à cœur, c’est ma vie privée.

La vie de famille est ce qui a de plus important pour moi. C’est peut-être un peu cliché, mais mon rêve a toujours été de fonder une famille, d’avoir des enfants, une maison… Etre maman est mon rêve, donc j’espère que dans dix ans j’aurais plein d’enfants (rires). 4 enfants, c’est mon rêve ! Avoir des enfants est un boulot à plein temps, les rendre épanouis et heureux, et pouvoir passer du temps avec eux, mais c’est mon souhait de réussir une vie privée et d’être personnellement épanouie.

Quels sont les films qui vous ont le plus marquée ?
Ce sont souvent des films avec ces comédiennes là.

Avec Gena Rowlands, Une femme sous influence, Opening night, et avec Romy Schneider il y a une scène terrible dans L’important c’est d’aimer qui m’a beaucoup marquée.

Petite, L’été meurtrier de Jean Becker, avec Isabelle Adjani, m’a bouleversée. C’est un film terrible, mais il y a quelque chose dans l’ambiance, une nostalgie, des parfums d’été. Le sujet est horrible, cela m’avait beaucoup choquée mais j’avais adoré la performance d’actrice d’Isabelle Adjani.

J’adorais aussi Peau d’Ane, avec Catherine Deneuve. C’est plus gentil, on avait envie d’être la princesse, comme Romy Schneider quand elle faisait les Sissi. Il y a le coté féérique de ce métier, et c’est ce qui m’a donné envie autrement.

« La vie de famille est ce qu’il y a de plus important pour moi. C’est peut-être un peu cliché, mais mon rêve a toujours été de fonder une famille, d’avoir des enfants, une maison…»

Quelles sont les actrices qui vous ont inspirée ?
Petite, c’était Romy Schneider. Quand j’ai vu les états de lâcher prise qu’elle faisait, je me suis dis que c’était ça que je voulais faire.

Plus grande, j’ai vu les films de Gena Rowlands qui m’ont également beaucoup touchée.

En terme d’image, d’icône, comme beaucoup de petites filles j’aimais Marilyn Monroe, Brigitte Bardot, Jeanne Moreau, Simone Signoret. Ce sont des modèles de femmes fortes.

Photographe : Vincent Luche pour La Vida Magazine

Qu’est-ce qui vous plaisait chez ces actrices ?
Pour faire ce métier et arriver là où elles en sont, cela veut dire que ce sont des femmes fortes. Et dans les rôles qu’elles faisaient, elles montraient une fragilité et une sensibilité hors du commun. C’est cet équilibre entre les deux qui me plaît.

Romy Schneider, pour moi, incarne cela. Même si elle en a été victime, quelque part il y a une certaine forme de volonté de contrôler, de gérer cela, d’avoir conscience de cette fragilité qu’elle pouvait avoir, et d’en faire quelque chose.

Y a-t-il des acteurs ou réalisateurs avec qui tu aimerais tourner ?
Il y en a plein, qu’ils soient anciens ou de cette génération. Guillaume Canet et toute cette bande-là sont géniaux. J’ai vu le dernier film de Gilles Lellouche «  Le Grand Bain » que j’ai vraiment aimé. J’aime bien aussi Mathieu Amalric. Dans les anciens, il y aura toujours les Audiard.

Comment vivez-vous votre notoriété ?
Je trouve que c’est génial, car cela reflète le fait que ce que l’on fait fonctionne.
Les gens qui suivent la série nous aiment et sont bienveillants. Nous faisons partie de leur quotidien, de leur vie, nous sommes très proches d’eux. Certains fans sont d’une fidélité et d’une assiduité incroyable, cela me touche énormément. Nous espérons qu’ils seront toujours là, qu’ils nous suivront et nous aimeront toujours, car nous avons besoin d’eux !

C’est vrai que cela a été très soudain, car la télévision a un impact tout de suite très fort, en l’espace d’un mois de diffusion, nous avons été reconnus partout.

Ca ne donne pas le vertige d’avoir des dizaines de milliers de followers sur Instagram ?
C’est fou ! Maintenant, avec les réseaux sociaux, on s’en rend compte directement.

Ca ne fait pas un peu peur ?
Non. Il y a une forme de responsabilité vis-à-vis de ce public, de tous ces jeunes qui nous suivent. Etre là, actif sur les réseaux sociaux et leur faire partager des choses de ce métier est une reconnaissance envers eux.

Quand vous découvrez les intrigues des personnages, est-ce que cela vous arrive de ne pas être contente ?
Non, jusqu’à maintenant j’ai eu de la chance, je suis à chaque fois agréablement surprise et contente. Je n’ai pas eu de mauvaise surprise, tout est cohérent avec mon personnage. Il y a aussi une vraie évolution qui est très agréable.

Photographe : Vincent Luche pour La Vida Magazine

En tant que comédienne, si on vous demande de faire une scène de nu ou quelque chose d’osée, est-ce que ça vous mettrait mal à l’aise ?
Ce n’était pas prévu mais j’ai eu à faire ma première scène de nue sur « Demain Nous Appartient ». C’était une scène d’amour, je devais me retrouver avec mon partenaire et sortir du lit avec un drap. On avait prévu des caches, mais cela se voyait, il a fallu les enlever ! Je devais arriver face à mon partenaire et l’envelopper dans le drap, donc il était le seul à me voir vraiment nue et il ne m’a regardée que dans les yeux (rires) ! Ils ont été formidables mais j’ai mis du temps à m’en remettre quand même ! (rires)

A l’écran, on ne voit rien, cela passe quand même à 19h sur TF1 !

Parfois, cela doit être rock and roll lorsque l’on est actrice !
Oui, il y a ce que l’on est prêt à accepter ou pas. Il faut voir, c’est avec un réalisateur, une histoire… Chacun est libre d’accepter ou pas, et il faut voir dans quelles conditions.

Peut-on se faire des vrais amis dans le métier ?
Oh oui !

Il n’y a pas trop de compétition entre les actrices ?
Non, pas du tout. C’est une image que l’on a, mais les actrices se soutiennent énormément entre elles.

Au théâtre, il y a une vraie famille donc j’ai des amitiés très fortes qui se sont créées. Et dans la série aussi, des vrais liens se sont créés, avec de la bienveillance et du soutien.

C’est un métier sur la longueur, les comédiens savent qu’il faut tenir le coup. Parfois, il y a des moments plus ou moins faciles, il y a tout le temps des remises en question, et qui mieux que d’autres actrices ou d’autres acteurs peut comprendre cela ?
Ce métier, on ne peut pas le faire tout seul, c’est pour le public et avec les gens.
C’est indispensable de créer des liens d’amitié et d’avoir des personnes sur qui compter.

Quand vous rentrez à Saint-Malo, comment est votre famille avec vous ?
Ils sont trop contents de me revoir, et je suis contente aussi : il y a mon papy, ma maman… Mon papy suit la série matin et soir ! Il est super content, il préfère quand je suis plus joyeuse dans la série. Cela me fait du bien de retourner là-bas, j’en ai besoin.

Photographe : Vincent Luche pour La Vida Magazine

Comment s’est passé votre accueil ici?
Les Sétois sont contents de ce que la série apporte à la ville : elle est mise en valeur puisque l’on tourne beaucoup dehors et dans beaucoup d’endroits. Nous avons eu un accueil au top !

Si vous deviez arrêter, que feriez-vous ?
J’élèverais mes enfants si j’en ai (rires) ! Je m’occuperais de ma vie privée, c’est la seule chose qui pourrait me faire arrêter.

Lorsque l’on est comédien, nous sommes dépendants du désir des autres, du public.
Si je ne devais plus jouer, cela ne viendra pas de moi sauf si je dois m’occuper de mes enfants.
Quoique aujourd’hui, certaines actrices arrivent à tout gérer, comme Marion Cotillard : elle avait enchainé le film d’Audiard juste après avoir accouché.

Mais on ne décide pas de tout, c’est le public, les gens qui décident s’ils ont encore envie, et il faut avoir des réalisateurs et metteurs en scène qui nous engagent.

Que peut-on vous souhaiter aujourd’hui ?
Que ça continue ! « Demain Nous Appartient », le théâtre, les films, tout ! Cela s’arrêtera peut-être un jour, mais pour l’instant si je peux continuer en parallèle à tourner dans les films et à jouer au théâtre, c’est génial. Tout se complète et s’équilibre.

« A la petite de dix ans que j’étais, je lui dirais de tenir le coup qu’elle va réussir à réaliser ses rêves . »

Le shooting a été réalisé au Café Joseph à Montpellier.
La Vida remercie Jean-René et Sylvie Privat pour leur accueil.

Direction Artistique : Christine Pugliesi
Photographie : Vincent Luche / Instagram : @vincent_lv_3434
Tenues : Jérôme Blin Créateur / Instagram : @jeromeblincreateur
Coiffure : Veronica Liccardi / Instagram : @veronica_liccardi
Maquillage : Djulia Blin Olive / Instagram : @djulbln

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