Marie-Gaëlle Cals : le talent et la grâce dans Un si grand soleil

Marie-Gaëlle Cals interprète la juge Cécile Alphand dans la série à succès  » Un si grand soleil  » sur France 2. Pour La Vida, elle nous parle de son parcours de comédienne et de son rôle.

Rencontre avec une femme captivante et talentueuse.

Propos recueillis par Christine Pugliesi

 

Comment l’envie de faire du cinéma a-t-elle germé dans votre tête ?

Je pense que je devais avoir 4 ou 5 ans :  je faisais rire mon grand-père maternel que j’adorais et qui était très joueur. Un jour, il a dit à ma mère devant moi : « cette petite fera un métier extraordinaire ». Je crois qu’il a déposé quelque chose en moi et je n’ai eu de cesse de chercher ce métier extraordinaire. Plus tard, lorsque j’étais ado, je cherchais tout pour ne pas avoir un métier qui me semblait à l’époque banal. J’ai commencé le théâtre au collège en remplaçant une de mes amies qui avait un empêchement. Il s’agissait d’une pièce comique et devant les rires de mes camarades, j’ai ressenti quelque chose de très fort. Puis, en Première, j’ai pris des cours au Cours Florent en classe libre. Après mon bac, je suis rentrée directement en deuxième année où j’ai joué notamment « La guerre de Troie n’aura pas lieu » mis en scène par Francis Huster avec Cristiana Reali.

Photographe : Vincent Luche pour La Vida Magazine

Vous saviez que vous vouliez en faire votre métier ?

Oui c’était une évidence pour moi. Ensuite j’ai fait le Conservatoire d’Art National Supérieur d’Art Dramatique pendant 3 ans où j’ai eu la chance de travailler avec Philippe Adrien et Stuart Seide, Daniel Mesguich entre autres.

Etiez-vous impressionnée ?

Bizarrement, c’était tellement évident pour moi de faire ce métier que je trouvais ça normal ! Mon chemin me menait là ! Entre temps, comme je suis un peu rebelle, je suis allée faire un tour aux Etats-Unis où j’ai suivi les cours au Lee Strasberg Institute pendant 3 mois. J’avais besoin de passer par là.

Pourquoi ce besoin d’aller à New-York ?

Parce que je suis Parisienne et de fait, je ne suis pas montée à la capitale ! J’avais besoin de me prouver que je pouvais le faire. C’était un chemin initiatique et un rêve qui se réalisait : aller à New-York.

Photographe : Vincent Luche pour La Vida Magazine

Que se passe-t-il à votre retour en France ?

J’ai passé des casting mais je n’avais plus autant confiance en moi ! Je n’ai pas été formidablement heureuse au Conservatoire.  La méthode anglo-saxonne est très différente de la nôtre : ils travaillent beaucoup « sur l’ensemble » (littéralement en anglais) et ici à l’époque, le travail était très individualiste. C’est un lieu où l’on se pose beaucoup de questions et cela crée le doute. En même temps, j’ai fait des rencontres fabuleuses.

Avez-vous imaginé un plan B ou le plan B n’existait pas pour vous ?

Non pas à ce moment-là. Plus tard, je me suis posé la question car beaucoup de choses m’intéressaient et mes enfants étaient petits. C’est une période où forcément on pense moins à soi et je faisais d’autres choses à côté, j’ai suivi entre autres, des conférences de géo-politique à Sciences-Po car cela m’intéressait beaucoup. Cependant, je n’ai pas retrouvé une activité qui égalait la passion que j’éprouve pour la comédie. Vous savez, le métier de comédien est un métier d’attente, ce qui fait une carrière sur le long terme sont les choix et  l’endurance. Durer, être là, même si pendant deux ans, on n’a pas travaillé.

Photographe : Vincent Luche pour La Vida Magazine

Que pensez-vous de l’évolution de votre rôle dans « Un si grand soleil » ?

Au départ, j’ai senti que la production et France 2 avaient une vraie ambition, à savoir un projet très actuel, ancré dans son temps. Pourtant, je ne savais pas où j’allais car le personnage de Cécile Alphand, le juge, n’était pas très développé, il avait uniquement sa fonction de juge. Je suis partie dans l’aventure sur une promesse que ce serait un rôle top et je ne me suis pas trompée ! J’ai été ravie de sortir des sentiers battus récemment. C’est ce qu’offre ce genre de série sur le long terme : la possibilité d’explorer des horizons par forcément attendu du personnage. Et ça me va très bien, j’aime la palette que m’offre ce personnage : elle est très forte de part sa fonction et il est toujours intéressant d’aller chercher l’inverse, la partie immergée.

De plus, je me régale avec mes partenaires et les réalisateurs sont très bons. Nous sommes souvent à l’extérieur, le plateau reprend ses droits et je prends beaucoup de plaisir avec l’équipe technique que j’adore.

Avez-vous d’autres projets ?

Oui, il s’agit d’un court-métrage sur les sauveteurs en mer : « Cheyennes ». Je joue l’épouse d’un des sauveteurs. J’avais très envie de faire un nouveau projet et la série Un si Grand Soleil me permet d’aller respirer ailleurs. Je pense que c’est important.

Ce qui m’intéresse est de participer à des projets ancrés dans le monde d’aujourd’hui avec de la rigueur, de la vérité, qui raconte le monde dans lequel nous vivons. Dans une série comme « Le bureau des légendes » que j’aime beaucoup, un travail de recherche important est fait en amont. J’aimerai participer à un projet comme celui-ci.

Photographe : Vincent Luche pour La Vida Magazine

Quels sont les acteurs que vous aimez ?

J’en ai pleins : Catherine Deneuve, Julianne Moore, Marion Cotillard, Juliette Binoche… J’ai vu il y a peu « In the fade » avec Diane Kruger et j’ai trouvé que c’était un très beau travail. Et bien sûr, Léonardo Di Caprio. Daniel Day Lewis, Brad Pitt, Romain Duris, Matthias Schoenaerts : ce sont des comédiens formidables qui savent tout jouer !

Y-a-t-il une actrice qui vous a donné envie plus qu’une autre de faire ce métier ?

Oui, Isabelle Adjani : elle a tellement d’émotions et elle a un rythme, une intelligence formidables. Je suis vraiment ravie qu’elle soit revenue.

Comment vos parents ont-ils réagi quand vous leur avez dit que vous souhaitiez faire ce métier ?

Ma mère m’a toujours poussé. Elle était chef de service en biologie mais elle aimait beaucoup le music-all. Je pense qu’elle était heureuse que j’ai une passion. Je faisais beaucoup de piano, de la danse, je fréquentais une école Montessori et tout cela faisait partie de l’ADN qu’elle nous a donné à mon frère et moi. Je suis d’autant plus ravie que dernièrement, je l’ai vue sur scène pour la première fois et c’était très fort !

Le jour où j’ai dit à mon père que je voulais faire du théâtre, il m’a répondu : « oui je comprends, mais fais des maths ! » (rires). Je comprends aujourd’hui ce qu’il voulait dire, cela signifiait : forme ton esprit. Je peux très bien l’entendre maintenant. Il est important de continuer à apprendre.

Photographe : Vincent Luche pour La Vida Magazine

Si je vous disais maintenant de monter dans la voiture du film « Retour vers le futur » et d’aller dans le passé vous voir à l’âge de 10 ans. Que vous diriez-vous ?

Je me dirais : « fais-toi confiance, accepte qui tu es ».

Que vous diriez-vous à l’âge où vous partez à New York ?

Je me dirais : « garde cette joie, cet élan, à 20 ans, la vie t’appartient. »

Vous remontez dedans et vous allez en 2039. Qu’aimeriez-vous voir ?

D’abord une belle réussite pour mes enfants, les sentir bien dans leur vie, qu’ils soient épanouis.

J’espère aussi que j’aurais fait des rencontres professionnelles qui auront perduré, une vie artistique riche où des projets auront été accomplis. Avoir traversé de belles aventures humaines et artistiques. J’ai un esprit un peu entrepreneurial et j’espère que je l’aurai mis à profit.

Est-ce difficile d’être tributaire du désir de l’autre en tant que comédien ?

Ce qui est difficile est de ne pas être choisi. Il faut vraiment avec du ressors pour que cela n’arrête pas ta vie.

Est-ce que les vraies amitiés sont possibles dans ce métier ?

Oui bien sûr ! J’ai beaucoup d’amies actrices et contrairement à ce que l’on croit, nous sommes très solidaires. Nous nous comprenons dans nos vies de maman et d’actrices.

Photographe : Vincent Luche pour La Vida Magazine

En tant que couple avec Jeremy Banster, avez-vous des amis qui ne sont pas du milieu du cinéma ?

Oui ! Nous sommes friands de rencontrer des personnes qui n’ont rien à voir avec le cinéma. Nous sommes très attachés à notre vie personnelle notamment pour ça. Nous aimons la rencontre avec des nouvelles personnes qui sont très saines et qui coupent avec ce milieu.

Est-ce que la médiatisation est difficile ?

L’écho vis-à-vis de Un Si Grand Soleil est très bienveillant. Il faut toujours rester soi, au moins les gens nous aiment pour ce que nous sommes vraiment et pas pour une fausse image.

Comment vos enfants vivent-ils votre médiatisation ?

Très bien ! Il est très important pour moi qu’ils vivent leur vie d’enfant et qu’ils ne soient pas parasités par notre métier.

Que pouvons-nous vous souhaiter ?

Que mes projets se concrétisent et de réaliser mes rêves. Le meilleur est à venir !

Photographe : Vincent Luche pour La Vida Magazine

Le shooting a été réalisé au Mas de Lafeuillade à Montpellier : Instagram @masdelafeuillade
Direction Artistique : Christine Pugliesi
Photographie : Vincent Luche / Instagram : @vincent_lv_3434 assisté de @heliange.photo
Robes : Jérôme Blin Créateur / Instagram : @jeromeblincreateur
Coiffure : Oriane Coiffeur Créateur  / Instagram : @ooriane_
Maquillage : Jade / Instagram : @jadeizia.com

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