Fendre l’armure – Anna Gavalda

 

Le partage du vendredi.
Aujourd’hui, nous avons choisi de vous présenter:

 

Fendre l’armure

Anna Gavalda

Le Dilettante

 

 

En 2017, Anna Gavalda, auteur de Ensemble c’est tout, a délaissé le roman pour revenir au recueil de nouvelles avec Fendre l’armure.

On découvre sept histoires bien différentes, sept tranches de vie rédigées à la première personne, sept récits où la vulnérabilité tient une place considérable.

De la jeune fille cabossée au langage une peu cru au jeune homme fêtard venant d’assister à l’union de son ex, du père convoqué en urgence chez la directrice à la veuve alcoolique et ses enfants, d’un étrange fantassin aux souliers cirés à l’homme en deuil, avec une escapade à deux dans un fast-food très réussie, Anna Gavalda nous livre des nouvelles surprenantes avec des personnages chancelants et meurtris, qui en acceptant de fendre l’armure dévoilent leurs failles.

A mon sens, on retrouve la plume de l’auteur et son aisance à se mettre à la place des gens. Elle évoque les faiblesses de chacun d’entre eux avec talent et sentiments et émotions sont au rendez-vous.

Pourtant, même si chaque histoire ne m’a pas laissé indifférente, certaines m’ont moins touchées que d’autres. J’ai adoré Happy meal, beaucoup aimé Mon chien va mourir, Mes points de vie et Un garçon. L’amour courtois m’a un peu surprise, La maquisarde m’a un peu laissée sur ma faim et j’avoue que si j’ai grandement apprécié la plume dans Le fantassin, j’ai un peu eu l’impression de tourner en rond sans percevoir vraiment le fond de l’histoire.

En résumé, Anna Gavalda excelle toutefois dans le genre avec sa plume incisive et grâce à sa grande sensibilité qui rend crédible chacun de ses personnages. Et dans les sept histoires proposées, vous en trouverez forcément certaines qui vous toucheront (et ce ne sera peut-être pas les mêmes que moi…).

 

Extraits :

 

« Faut pas se fier. Je suis grossière, mais c’est ma tenue de camouflage. Comme les geckos sur les troncs d’arbre ou les renards d’Arctique qui changent de pelage en hiver, mon côté voyant, c’est pas mes vraies couleurs. »

« Et là, j’ai ri. Et j’ai su que tu étais en train de devenir mon amie. Car sourire, c’était une chose, mais rire. Rire, c’était tellement inespéré, comme verbe à cette époque de ma vie. Tellement inespéré. »

« Que personne me regarde. Que personne me parle. Que personne me touche. Qu’on me laisse faire le mort le plus longtemps possible pour que je puisse recommencer à vivre. »

« J’avais trente-trois ans, au même âge un mec plus barbu et plus chevelu que moi avait envoyé autrement plus de bois et il était temps, Seigneur Jésus, de prendre mon destin en main et de faire quelques miracles sinon, à ce train-là, c’était toute ma vie que j’allais finir par enterrer. »

 

Cécile BG

 

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