Christophe Willem : le temps de la maturité

Tout le monde se souvient de ce garçon talentueux qui passait le casting de l’émission phare de M6 « Nouvelle Star ».

Christophe Willem a fait du chemin depuis : après cinq albums, il débarque à La Grande Motte le 8 novembre pour partager avec nous son nouvel opus « Rio ».

Rencontre avec un homme décidément charmant.

Propos recueillis par Christine Pugliesi 


Pouvez-vous nous dire en quoi l’album « RIO » est différent des autres ?

L’album « Rio » est totalement différent car j’ai été impliqué dans toutes les parties de l’album : la composition, l’écriture et la réalisation. Tout c’est fait en vase clos avec Aurélien Mazin et mis à part les deux textes que Zazie a écrit, j’ai écris tous les autres. Il y a eu une équipe très réduite autour de cet album.

C’est également une rencontre avec la ville de Rio. Je l’ai découvert lors des Jeux Olympiques pendant lesquels je jouais au Club France. Je suis totalement tombé amoureux de cette ville, de son énergie, de ce qui se dégage. La philosophie des Brésiliens est très axée sur le lâcher prise et sur le fait de profiter de l’instant présent.

Après la série sombre des attentats vécue en France et le lot d’angoisses que l’on ressentait ici, c’était en décalage complet. Les Brésiliens ont des difficultés à se projeter vers l’avenir. Malgré tout et coûte que coûte, ils sont connectés à cette seule et véritable urgence qui est celle de vivre.

Cela m’a permis de raconter beaucoup de choses et notamment de parler de la vie en générale plutôt que de parler de moi.

Est-ce un exutoire pour vous d’écrire les chansons ?

Oui totalement ! Auparavant, j’étais dans la recherche de l’esthétisme des choses. Certains de mes albums n’ont pas été compris car ils pouvaient paraitre froids en terme d’émotion. 

Aujourd’hui, je me suis rendu compte, notamment grâce aux rencontres que j’ai pu faire, que les artistes ont une utilité : celle d’être au contact des gens au jour le jour. Une chanson peut marquer le moment de la vie d’une personne et de ce fait nous nous inscrivons dans le temps et dans l’histoire des gens eux-mêmes. Du coup, cela nous donne un relief d’autant plus intéressant. 

Aujourd’hui, qu’attendez-vous de cette tournée ?

Le rapport à la musique a énormément évolué : nous n’avons jamais autant écouté de musique et pourtant les disques ne se sont jamais si peu vendus ! Aujourd’hui, la musique existe d’autant plus avec le spectacle vivant et les gens ont besoin de s’ancrer dans une réalité et de sentir le contact avec les autres. Le live est réellement ce moment-là. Pendant 1h30 ou 2 heures, nous oublions notre quotidien. 

Nous sommes fédérés et unis à travers la musique qui nous passionne et nous fait vibrer. Ce partage est primordial. J’essaie d’impliquer le public et je l’interpelle beaucoup pendant les concerts car il est important pour moi de partager ce moment avec lui.

 

«  L’important n’est pas de savoir quand on va briller mais comment on va briller. »

Quel regard portez-vous sur vos déjà 11 ans de carrière ?

Il y a eu Nouvelle Star bien sûr et puis tout est allé très vite. Je suis très chanceux car j’ai eu la possibilité de travailler avec des personnes que j’admirais : Kylie Minogue, Carla Bruni, Jean-Jacques Goldman, pour ne citer qu’eux ! Dans ce métier, on se laisse très souvent porter car nous sommes happés par quelque chose de très gros ! 

Je regarde très peu en arrière.

Selon vous, peut-on garder les pieds sur terre lorsque l’on passe de l’anonymat à la célébrité de façon aussi rapide ? 

Oui bien sûr ! 

Ce qui me bouscule davantage est le rapport médiatique : se dire que notre parole a une importance, que des gens vont écouter ce que nous disons. Cela a une dimension un peu vertigineuse parfois. En revanche, lors des concerts, le lien avec le public est direct, il est plus terre à terre et plus brut. L’essentiel est réellement là.

Bizarrement, les tournées ancrent davantage dans la réalité. 

Pouvez-vous nous parler des artistes qui vous inspirent ou qui vous ont inspiré ?

Il y a en beaucoup, je suis très éclectique dans mes goûts ! J’ai beaucoup écouté de jazz, des artistes comme Shirley Horn, Franck Sinatra, Diana Krall. En parallèle, j’ai été très influencé par la pop, j’ai grandit avec des mégas stars tels que Michael Jackson ou Madonna : des gens qui ont réellement amener ses lettres de noblesse à la pop musique.

Et aujourd’hui, je suis très inspiré par la musique anglo-saxonne. Chez les artistes français, une des rares que j’ai toujours suivi est Zazie. Elle a toujours une frontière entre la chanson française avec des textes et une recherche de sons qui n’est pas forcément française dans sa réalisation. Elle fait le lien entre la culture française et la culture anglo-saxonne. 

Et enfin, j’écoute beaucoup de musique très inde : Erykah Badu ou Jay Scott et en même temps, Coldplay car je trouve qu’ils ont quelque chose de très poétique dans leur musique.

Depuis que vous avez commencé, pouvez-vous nous dire quelles sont les belles rencontres que vous avez fait ?

Clairement Zazie ! Elle fait partie de gens les plus importants pour moi dans mon cheminement et dans mon parcours. Elle était là dès le début et son œuvre reflète bien ce qu’elle est dans la vie. 

L’autre rencontre qui m’a bouleversé est celle de Latifa Ibn Ziaten, cette maman dont le fils a été assassiné par Mohammed Merah. C’est la première fois que j’écrivais une chanson pour quelqu’un. Elle a bouleversé mon opinion sur les choses. Elle a une abnégation totale pour le combat qu’elle mène et elle m’a beaucoup marqué.

Ce sont deux personnes qui ont beaucoup compté.

Si vous pouviez retourner dans le passé et voir Christophe Willem lors de la première audition de Nouvelle Star, que lui diriez-vous ?

Je lui dirais que l’important n’est pas de savoir quand on va briller mais comment on va briller.

C’est très joli ce que vous dites !

Tout le monde recherche la reconnaissance et tout le monde recherche à être considéré par les autres. Nous sommes tous dans ce besoin de se sentir exister et il est très facile aujourd’hui d’avoir son moment de gloire. Mais l’important n’est pas de savoir quand cela va-t-il se produire mais plutôt que va-t-on en faire ? Est-ce une recherche d’ego ou est-ce pour se rendre utile ? Ces paramètres sont pour moi importants d’autant plus avec l’émergence des réseaux sociaux et du culte de la personnalité qui en découle parfois. 

Que peut-on vous souhaiter aujourd’hui ?

D’être heureux ! Je pense que c’est la base. Et de toujours savourer la liberté d’être ce que nous sommes et de faire ce que nous voulons. ■

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