Artus au milieu des cow boys

Artus – Duels à Davidéjonatown

Le comédien Artus est sur les routes jusqu’à fin juin pour présenter sa pièce Duels à Davidéjonatown.

Pour La Vida, il revient sur ses débuts et son parcours.

Entretien.

Propos recueillis par Christine Pugliesi et Lola Thierry

 


Pouvez-vous présenter votre spectacle en deux mots ?

Débile, mais dans le bon sens du terme ! Juste de l’amusement. On ne s’est rien interdit : le but est seulement de se marrer.

Dans la pièce, vous jouez plusieurs rôles. Ce n’est pas compliqué ?

Non, on en fait tous plusieurs. C’est ce que je voulais dans la pièce : cela permet de ne pas s’enfermer dans une routine. Ce sont des rôles qui ont été fait sur mesure, donc on est content de les jouer.

Vous faites la mise en scène : est-ce compliqué à gérer en tant qu’acteur ?

Non, pas sur des projets comme ça. J’ai écrit ce projet, donc je projette et je visualise beaucoup, et cela me paraissait logique de faire la mise en scène moi-même et de ne pas le confier à quelqu’un qui n’avait peut être pas la même vision que moi.

Cela s’est fait assez facilement car quand on est cinq sur scène, la mise en scène se fait logiquement : il faut travailler le placement des comédiens pour ne pas que l’on se gêne, que l’on joue l’un devant l’autre. C’est une chorégraphie.

Jusqu’à quand jouez-vous cette pièce sur les routes ?

Jusqu’à fin juin. On ne sait pas encore si elle continuera à Paris à la rentrée, ou si elle s’arrêtera.

Pourquoi avoir fait une pièce autour du western ?

J’aime bien essayer de trouver le truc qui n’a pas été fait. Le western dans le théâtre n’a pas trop été fait. C’est un univers qui nous parle à tous, même si ce n’est pas du tout notre culture. Tous les petits garçons de France ont joué aux cow-boys et aux indiens. C’est quelque chose qui est ancré dans notre imaginaire collectif, on a tous des images de western en tête. Je trouve que c’est un style qui est tellement codifié qu’il est très facile à parodier : il y a des scènes de duel, de bagarre dans le saloon, il y a les méchants et les gentils.

Pourquoi la pièce est-elle déconseillée au moins de 12 ans ?

Cela reste de « l’humour Artus ». Mon spectacle était aussi déconseillé aux moins de 12 ans. Il y a un langage cru, on ne se met pas de barrière, ce sont des cow-boys : il y a des gros mots !

Après, il n’y a jamais d’enfants qui sont sortis traumatisés de notre salle. Il n’y a rien de choquant.

Travaillez-vous déjà sur d’autres projets ?

Pas au théâtre car j’ai un peu moins de temps pour l’instant. Mais il y a un peu de cinéma qui arrive, et j’espère le tournage de la saison 5 du Bureau des Légendes.

Qu’est-ce qui vous a attiré dans Danse avec les Stars ?

C’était un challenge qui m’a amusé, comme toutes les autres émissions. Je suis un labrador, j’ai besoin de m’amuser. J’aime qu’il y ait la notion de plaisir dans ce que je fais.

Comment l’envie d’être acteur vous est venue, et comment y êtes-vous arrivé ?

J’ai toujours fait de la scène, du théâtre, de l’improvisation. Mais je me suis toujours dit que ce n’était pas un métier. Ce sont mes parents qui m’ont lancé une fois que j’avais eu mon diplôme de cuisinier, passé à Montpellier. Je me suis dit que j’avais un parachute, que je pouvais tenter de faire ce qui me plaisait vraiment, et que si cela ne marchait pas, je retournerais à la cuisine.

Comment avez-vous fait pour vous lancer ?

Mes parents m’ont inscrit et ont pris une salle au festival d’Avignon, en me disant que je n’avais plus qu’à écrire un spectacle, ce que j’ai fait. Un mois après, je démarrai dans On ne demande qu’à en rire sur France 2 avec Laurent Ruquier. C’est allé très vite.

Comment avez-vous été sélectionné pour faire l’émission de Laurent Ruquier ?

Il y a beaucoup de professionnels au Festival d’Avignon, et il y a toujours deux ou trois noms qui ressortent au milieu des professionnels. On m’avait dit que mon nom avait « buzzé » chez les professionnels. Beaucoup sont venus alors que c’était mon premier festival, donc j’étais très agréablement surpris. Parmi ces professionnels, il y avait Emilie Dieudonné qui s’occupait de trouver les artistes pour faire On ne demande qu’à en rire. Elle m’a dit qu’ils aimeraient bien que je vienne essayer à la rentrée.

Que pensez-vous lorsqu’elle vous dit cela ? Vous vous dites que vous avez gagné au loto ou vous avez peur ?

C’est un mix, on jette les deux dans un blender et on voit ce qui en sort ! Le soir où elle était là, il y avait aussi des gens de M6, de TF1, et je me disais que ce n’était pas possible, que c’était une caméra cachée : j’avais 20 ans, je sortais de ma cuisine, j’avais écrit un premier spectacle ! Mais après, l’excitation reprend le dessus sur le stress car je n’ai rien à perdre à ce moment-là. J’ai vingt ans, je ne joue nulle part, ce n’est pas comme si j’étais programmé à Paris et qu’il y avait une prise de risque : j’allais tenter l’émission et tant pis si je me faisais buzzer, ça n’aurait pas été ça mais autre chose. Mais tout s’est bien enchainé !

Y avait-il quelqu’un qui vous faisait rêver lorsque vous étiez enfant?

On connaît tous par cœur un sketch des Inconnus ! C’était l’époque où il y avait vraiment du jeu, les humoristes se prenaient la tête pour essayer de créer des personnages. Il y avait des costumes, et moi j’aime beaucoup.

Vous envisageriez un jour de faire un rôle plus dramatique ? Ou préférez-vous la comédie ?

Dans le Bureau des Légendes, j’ai un rôle qui n’est pas comique : je joue un analyste de la D.G.S.E. Ce n’est pas le mec qui fait le plus de blagues ! Les deux m’amusent : il faut que le projet me plaise. Je ne m’interdis pas de jouer des choses dramatiques.

Je vais vous poser la question que j’aime beaucoup et que je pose à tout le monde : vous montez dans la DeLoréane du film Retour vers le futur, vous allez dans le passé et vous rencontre Artus qui a 10 ans, que lui dites-vous ?

Je lui dis « mollo sur les frites » ! Parce qu’il va le regretter dans vingt ans ! Et je lui dis que ça va être cool.

Vous remontez dedans, et vous allez en 2040, qu’aimeriez-vous voir ?

J’aimerais voir tous les membres de ma famille encore présents, et des enfants qui courent autour de moi. J’aimerais voir que tout va bien côté familial. Tant mieux si le travail est là, mais c’est surtout la famille.

Que peut-on vous souhaiter ?

Que cela continue. Je touche du bois : cela fait huit ans que je suis sur un nuage et je ne suis pas redescendu. Que ce nuage ne cède pas sous mon poids !


au Pasino de La Grande Motte le 16 février 2019 à 20h30

réservation : Sud Concerts

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