Ariane Brodier, lorsque glamour rime avec humour

 

Star du petit écran et des réseaux sociaux,  Ariane Brodier s’est installée à Montpellier depuis deux ans.
Elle nous parle de son parcours de vie qui l’a mené jusqu’ici…

Rencontre avec une femme pétillante.

Propos recueillis par Christine Pugliesi et Cécile BG / Photos Felix Barjou / Coiffure Oriane Coiffeur Créateur

Pourquoi êtes-vous venue vous installer à Montpellier ?

Je connaissais très peu cette ville : il y a cinq environ, je suis venue quinze jours lorsque je rodais mon spectacle. À l’époque, je logeais en plein centre et j’avais trouvé la ville très jolie mais je ne la connaissais pas vraiment.

Il y a deux ans, j’ai rencontré mon conjoint, qui est Montpelliérain et joue au rugby à Montpellier (Fulgence Ouedraogo nldr). Nous avons très vite décidé de vivre ensemble et alors le choix s’est imposé de lui-même. Il fallait bien qu’il y en ait un de nous deux qui se rapproche et j’ai eu de la chance car c’était moi… (rires) J’aime la qualité de vie ici, moi qui suis une vraie parisienne.

Justement, ce n’est pas trop difficile ?

Souvent on me pose cette question… Mais difficile en quoi ?

Quand on parle de la vie parisienne, on pense festif, sorties, culture, restaurants…

C’est l’image que les gens s’en font mais lorsqu’on travaille à Paris, les sorties sont moindres. Effectivement, je jouais au théâtre tous les soirs et lorsque je ne travaillais pas, j’allais voir des amis au théâtre. Mais sinon, je suis plutôt casanière et les sorties ne me manquent pas. De plus, pas mal de choses se font et se développent sur Montpellier au niveau culturel, gastronomique, etc… C’est intéressant de voir une ville en émergence. Et puis, avoir le soleil toute l’année et l’absence de bouchons… ! 

Il y en a un peu quand même…

Oui, je sais que les Montpelliérains râlent quand ils mettent une demi-heure pour se rendre quelque part mais à Paris, j’avais 1h30 à 2h de voiture tous les matins pour faire dix kilomètres. Les Parisiens vivent avec quatre heures de voiture par jour. C’est incomparable.

Au départ, ce qui m’a paru plus compliqué ici, c’est que rien n’était ouvert. Les gens ferment à midi, le week-end, le lundi. Les gens se laissent vivre, alors que nous, Parisiens, sommes habitués à avoir tout d’ouvert 24h/24. Le dimanche, c’était mon jour de repos : j’en profitais pour aller chez le coiffeur, me faire faire les ongles. Je faisais tout ce que je n’avais pas le temps de faire en semaine. À Montpellier, c’est impossible… Par contre ici, on mange bien et les gens ont cette culture du bien vivre, c’est agréable. En fait,  ce qui me manque le plus de Paris, ce sont mes amis et ma famille, c’est très dur.

Comment vous organisez-vous pour votre vie professionnelle ? Est-ce que ce n’est pas un peu compliqué du coup ?

Pas vraiment en fait. Je suis une jeune maman et ma vie de femme prime sur ma vie professionnelle. En descendant à Montpellier, je savais que je serais moins présente. Je fais quand même des allers retours à Paris, c’est très rapide en TGV ou en avion.

Pour mes tournages parisiens, j’essaie de globaliser un petit peu. Par exemple, je suis très présente sur France 2 dans l’émission présentée par Sidonie Bonnec et Olivier Minne « Tout le monde a son mot à dire ». Je reste deux jours à Paris et j’enregistre plusieurs émissions dans la journée. Ensuite, je tourne beaucoup à côté de Marseille pour « Camping Paradis ». Donc je prends ma voiture vu que ce n’est pas très loin et je pars une semaine. J’ai aussi d’autres tournages en prévision, un peu partout dont un en Bolivie. Mais partir de Paris ou d’ailleurs pour se rendre à l’étranger, cela ne change pas grand-chose. De plus, la transition s’est bien faite car j’étais sur la fin d’exploitation de mon spectacle. Il était plus facile de se déplacer que lorsque j’étais quatre soirs par semaine dans un théâtre parisien.

On me demande beaucoup si j’envisage un deuxième spectacle. Mais cela signifie une exploitation parisienne c’est à dire quatre jours par semaine à Paris et même si je crève d’envie de remonter sur scène, c’est un peu compliqué. Je ne sais pas si aujourd’hui je serai capable d’être 3 ou 4 jours par semaine à Paris, vis-à-vis de ma famille, de mon conjoint, de mon bébé…

Peut-être dans deux ou trois ans ?

Peut-être que d’ici là j’aurais d’autres bébés… Sur une période donnée, c’est envisageable mais vu qu’il faut compter un an ou deux pour un spectacle : cela signifie aussi louper beaucoup de moments de vie. J’ai fait le choix d’avoir un enfant tard, d’attendre de trouver la bonne personne alors je veux vraiment en profiter à fond ! J’ai fait des trucs géniaux dans ma vie professionnelle et j’en fais encore : mon blog sur la maternité cartonne et m’ouvre des portes pour des projets très enrichissants. Par exemple, je suis heureuse de ce nouveau partenariat avec Orchestra, une marque mondiale dont les fondateurs sont Montpelliérains. Vous le savez, je suis spécialement touchée par les femmes, la maternité, la grossesse et nous avons prévu ensemble de communiquer de manière décalée sur la vie de maman ou de future maman. Je suis également auteur, je peux écrire de chez moi pour n’importe qui. Quand une marque me démarche, comme récemment Kellogg’s, j’écris les spots de chez moi puis je vais les tourner…

C’est vous qui écrivez ?

Oui, j’écris tout ce que je fais. Quand on me voit dans un spot, j’ai la double casquette. Que ce soit pour Kellogg’s ou pour Mondial Pare Brise, je suis auteur et comédienne. Et parfois, j’écris seulement et je ne joue pas forcément dans le spot.

Quel a été votre parcours de vie pour en arriver-là ?

Depuis l’enfance, je suis sur scène soit au théâtre soit pour la danse. Je viens d’un milieu artistique, j’ai passé un bac littéraire avec options sport et dessin. C’est vraiment un milieu qui n’est pas antinomique avec ce que je fais aujourd’hui.

Comment avez-vous commencé votre carrière à la télévision ?

Sur un casting sauvage à Paris, j’avais 21 ans… Comme j’avais la volonté d’écrire et de ne pas être uniquement animatrice, j’ai toujours écrit pour tout le monde. On me parle souvent d’une émission qui s’appelait Club qui passait la nuit sur M6. J’écrivais tout, je faisais des petits sketchs et nous avons été victime de notre succès. Nous avons même du engager du monde ! 

La télévision m’a appris beaucoup de choses mais elle vous met vraiment dans des cases. Pendant longtemps, j’étais la « bimbo », bien malgré moi, parce que ce n’est pas ce que je voulais montrer de moi. La télévision, c’est comme n’importe quel métier : on met un costume. Une infirmière va être en blouse, le boucher va porter un tablier, une fille de télévision va être pomponnée, maquillée. Parfois, les gens que je croisais dans la rue étaient un peu déçus que je sois aussi peu sophistiquée ! Je suis issue du sport, de la nature, ma mère est fermière : pas du tout du monde strass et paillettes. Lorsque j’ai débuté à la télé, je voulais montrer quelque chose de marrant, de décalé parce que c’était plus proche de moi. Mais cela peut être difficile de le faire dans ce milieu car nous faisons ce que l’on nous propose. Si on a la chance d’avoir trois propositions, on va prendre celle que l’on préfère des trois ! Comme tout le monde, nous sommes obligés de travailler, alors parfois, les choix sont faits par dépit mais en tous cas, à chaque fois j’essayais de mettre ma patte, mon grain. Un jour, j’ai signé une émission que je trouvais géniale. Mais au final entre le pilote qui était très décalé et ce qui a été mis à l’antenne où on me demandait d’avoir un décolleté jusqu’au nombril et des talons aiguilles, j’ai réalisé que je ne l’assumais plus du tout. Ce n’était plus ce que je voulais faire. J’ai donc arrêté la télé. J’avais écrit un one woman show pour une autre comédienne qui a beaucoup plu à un producteur mais il souhaitait que je le joue moi-même. Alors, j’ai décidé d’en écrire un autre pour moi et je me suis lancée.

Et le succès a été au rendez-vous !

Oui, cela a très bien fonctionné. La vie d’un spectacle, c’est particulier : pendant un an, il faut le rôder, le jouer un peu partout. Très vite Arthur m’a signée en tant que producteur et m’a invitée dans son émission « Vendredi tout est permis ». Puis Jarry m’a mis en scène : c’était un spectacle un peu fou, esthétiquement très joli - je faisais du tissu acrobatique - et en plus complètement barré ! J’interprétais des personnages de la mythologie grecque parce que je suis fan de mythologie grecque et que je m’appelle Ariane.

Ces six années avec ce spectacle ont été absolument merveilleuses. C’était un peu périlleux d’arrêter la télévision pour faire un spectacle. À l’époque, je gagnais bien ma vie, j’étais en exclusivité sur le groupe TF1 mais je n’étais pas forcément heureuse de l’image que la télé véhiculait de moi. L’année de mes 30 ans, j’ai réalisé que je n’étais pas épanouie dans mon job. Du coup, je me suis lancée dans ce spectacle, je gagnais 200 euros par mois, les mois où je gagnais quelque chose… Heureusement, j’avais mis de l’argent de côté pour pouvoir réaliser ce rêve.

On me dit parfois que j’ai de la chance mais c’était très dur : ma maman me faisait les courses pour manger. C’était compliqué mais j’étais sûre de ce que je voulais et surtout de ce que je ne voulais plus faire. Donc j’étais très contente que ça fonctionne.

Vous avez un blog, pouvez-vous nous en parler ?

Le fait d’être maman et la difficulté d’avoir des enfants sont des sujets qui me touchent beaucoup et où je m’implique énormément. Mon blog part juste d’une petite histoire personnelle, des difficultés que nous avons vécues pour avoir un bébé. J’en ai parlé et aujourd’hui je suis suivie par beaucoup de femmes avec lesquelles j’échange et c’est juste génial ! Je vois plus mon avenir professionnel dans ce milieu là, entant que jeune maman. Je suis contente de ne plus être juste la « bimbo » de la télé et d’être enfin en adéquation avec ce que je suis. C’est enfin vraiment moi.

Je me sens bien, je suis là où  je dois être,  à ma place.

Comment vous sentez-vous depuis un mois, la naissance de votre bébé ?

Fatiguée ! (rires) Le premier mois a été vraiment particulier : j’étais un peu perdue et je me demandais comment j’allais faire… Mais en même temps, c’est complètement fou, nous sommes totalement inondés d’amour ! Je me sens bien, je suis là où je dois être, à ma place. Cela permet aussi d’être beaucoup plus altruiste. Personne n’a l’impression d’être égocentrique mais on l’est tous par la force des choses jusqu’à ce qu’on devienne mère, on n’a que soi à s’occuper. Aujourd’hui, quand j’arrive à me laver les cheveux le matin, c’est une victoire ! Mais ce qui est important est le bien-être de mon enfant.

Et c’est pour toute la vie…

J’espère quand même qu’il ne va pas me demander à manger toutes les deux heures à 18 ans… (rires) Effectivement, c’est pour toute la vie. C’est magique. Et l’allaitement est une abnégation absolue, un sacrifice…

Vous trouvez ?

Oui, en réalité nous devenons un frigo humain donc oui c’est un sacrifice mais dans le bon sens du terme. On devient indispensable à quelqu’un et c’est génial. Alors même si c’est difficile de se dire que toutes les deux heures, tu dois être là pour ton bébé et que tu ne dors pas, c’est beau, c’est animal… 

Est-ce que l’on peut parler du fait que vous avez été victimes de menaces ?

Il est incroyable de réaliser qu’aujourd’hui encore la couleur de peau peut déranger. Les gens se posent des questions que je ne me suis jamais posées. Il est certain qu’on ne peut pas plaire à tout le monde mais ce qui est sûr c’est qu’il n’y a pas de couleur pour s’aimer.

Comment votre conjoint vit-il ce racisme ?

Il a grandi à Saint Jean de Cuculles, il n’a jamais été vraiment confronté au racisme avant d’être avec moi. En fait, c’est notre couple qui dérange.

Est-il possible de se faire des vrais amis dans le milieu de la télé ?

Oui, j’ai plein de vrais amis, je fais de la TV depuis plus de 15 ans, on tisse forcément des liens : mon metteur en scène, Jarry vient souvent me voir. Il y a aussi Artus - qui est d’ailleurs natif de la région - et Laury Thilleman avec qui je m’entends très bien. On fait du sport ensemble et on se retrouve souvent dans des manifestations de sports extrêmes. J’apprécie aussi beaucoup Laurie Cholewa et Noémie Lenoir. En fait, c’est comme dans tous les milieux : ce sont des amis de boulot, ceux que tu voies le plus. Je pense que les gens fantasment beaucoup en imaginant qu’à la télé il n’y a que strass, paillettes et champagne. Déjà, je ne bois pas d’alcool - comme les filles que je viens de citer d’ailleurs - … sauf un : Artus, qui comme tous les Montpelliérains boit l’apéro ! (rires) En réalité, nous préférons manger chez nous, faire la popote comme tout le monde. Pour me faire aller en boîte, il faut vraiment se lever de bonne heure et je pense qu’il est possible de se faire de véritables amis partout.

Et à Montpellier ?

En changeant de région, j’ai rencontré surtout des amis par l’intermédiaire de mon travail. J’ai bien sûr les amis de mon conjoint par procuration : ici, je suis plus la copine de Fulgence et ça me va bien. Pourtant, il n’y a pas de distance car les gens ici sont plutôt familiers et très sympathiques. C’est loin de la mentalité parisienne.

Que voulez-vous dire ?

Les gens que je croise pendant mon footing me disent bonjour ! À Paris, je courrais tous les matins et je croisais au moins cinquante personnes mais personne ne m’a jamais saluée.

Pour la naissance de mon fils, le boucher nous a même acheté des fleurs et mon facteur, pour ne pas faire du bruit m’envoie un message pour me prévenir qu’il est devant la porte.

Les gens sont très sympathiques et deviennent rapidement très attentionnés.

Que peut-on vous souhaiter maintenant ?

C’est compliqué,   je suis comblée… Je suis maman,  j’ai un conjoint exceptionnel et un travail que j’aime.

Entre nous, juste que cela dure ça serait odieux de demander plus ! ■

Article paru dans La Vida Magazine n° 17- Printemps 2018

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